Etude sur l'observation

des gaz à effet de serre


 

 

Table des annexes

 

Glossaire


Bibliographie


Annexe 1 : Les méthodologies définies aux différents niveaux mondial, européen, national 79

Annexe 2 : Les grilles d’analyse par régions

Annexe 3 : Le calcul des émissions

Annexe 4 : Récapitulatif par région des types d’inventaires recueillis
 

 

 

Glossaire

 

AAE Agence Européenne de l'Environnement, EEA : European Environment Agency

ADEME Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

APAT Agence pour la protection de l’environnement

APCEDE Agence Poitou-Charentes Energie Déchets Eau

API American Petroleum Institute, Institut américain du pétrole

BLI Bundesländer Luftschadstoff Inventur, Inventaire des polluants atmosphériques dans les Bundesländer

CCNUCC Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

CFC Chlorofluorocarbures

CH4 Méthane

CITEPA Centre Interprofessionnel Technique d'Etudes de la Pollution Atmosphérique

CO2 Dioxyde de carbone

CORINAIR CORe INventory of AIR emissions in Europe, Inventaire principal des émissions dans l’air en Europe

CRF Common Reporting Format, Format de rapport commun

CTN-ACE Centre Thématique National Atmosphère, Climat, Emissions

DJU Degré Jours Unifiés

DPO Décomposition de Premier Ordre

EIE Energie Intelligente Europe - IEE Intelligent Energy Europe

EPA Environmental Protection Agency, Agence de protection de l'environnement (USA)

FEDARENE Fédération Européenne des Agences Régionales de l'Energie et de l'Environnement

GES Gaz à Effet de Serre

GIEC Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat = IPCC

GRIP Greenhouse gas Regional Inventory Project, Projet d'inventaires régionaux des gaz à effet de serre

HFC Hydrofluorocarbures

INEMAR INventario EMissioni Aria, inventaire des émissions dans l'air

INRA Institut National de Recherches Agronomiques

IPCC Intergovernmental Panel on Climate Change = GIEC

LTO Land and Take Off, atterissage/décollage

MEDD Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable

N2O Protoxyde d'azote

NAEI National Atmospheric Emissions Inventory, Inventaire national des émissions atmosphériques

NETCEN National Environmental Technology Centre

NIR National Inventory Report, Rapport d'inventaire national

NUTS Nomenclature d'Unités Territoriales Statistiques

OMM Organisation Météorologique Mondiale

OREMIP Observatoire Régional de l'Energie de Midi-Pyrénées

PFC Hydro fluorocarbures perfluorés

PNAQ Plan National d'Allocation des Quotas

PNUE Programme des Nations Unies pour l'Environnement

PRELUDDE Programme REgional pour la LUtte contre l'effet de serre et pour un Développement DurablE

PRG Pouvoir de Réchauffement Global

RAEE Rhônalpénergie-Environnement

RARE Réseau des Agences Régionales de l'Energie et de l'Environnement

SEMIKAT Der Salzburger Energie–nd Emissionskataster cadastre des émissions et de l'énergie de Salzburg

SF6 Hexafluorure de soufre

SIG Système d'Informations Géographiques

SNAP Selected Nomenclature for Air Pollution, Nomenclature sélectionnée pour la pollution atmosphérique

SNIEPA Système national d’inventaires des émissions de polluants dans l’atmosphère

UE Union européenne

UTCF Utilisation des Terres, leur Changement et la Forêt

WWF World Wild Fund

 

Bibliographie

 

ADEME Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, rubrique « changement climatique »
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12622

ADEME Midi-Pyrénées Ademe Midi-Pyrénée
Rapport d’activité délégation régionale Midi-Pyrénées, 2005,
http://www.ademe.fr/midi-pyrenees/publications.html

ADEME & APCEDE Poitou-Charentes Ademe Poitou-Charentes et APCEDE (Agence Poitou-Charentes Energie Déchets Eau)
rubrique « changements climatiques »,
http://www.apcede.com/changement-climatique/emissions-GES/region/quantifier.htm

ADEME & APCEDE Poitou-Charentes Ademe Poitou-Charentes et APCEDE (Agence Poitou-Charentes Energie Déchets Eau)
rubrique « changements climatiques »,
Bilan effet de serre en Poitou-Charentes, octobre 2004

ALTERRE Agence régionale pour l’environnement et le développement soutenable en Bourgogne
Bilan régional des émissions de gaz à effet de serre, rapport technique, janvier 2005, www.oreb.org

ALTERRE Agence régionale pour l’environnement et le développement soutenable en Bourgogne
Bilan énergétique de la Bourgogne 1989 – 2001, rapport technique, novembre 2003, www.oreb.org

ANPA Agence Nazionale per la Protezione dell’Ambiente
linee guida agli inventari locali di emissioni in atmosfera, 2001
http://extranet.regione.piemonte.it/ambiente/aria/dwd/emissioni/
lin_guid_inv_loc_rtctn_ace_3_2001.pdf

AREHN Agence Régionale de Haute-Normandie
Emissions régionales de gaz à effet de serre, avril 2006, www.arehn.asso.fr/tabord/pdf/08b07.pdf

AREHN Agence Régionale de Haute-Normandie
Bilan énergétique régional, 2000,
www.arehn.asso.fr/tabord/energie.php3

ARPA Lombardia Agenzia Regionale per la Protezione dell’Ambiente, INEMAR, Inventario Emissioni in Atmosfera: emissioni in regione Lombardia nell'anno 2003, novembre 2005,
http://www.ambiente.regione.lombardia.it/inemar/inemarhome.htm 


ARPAT Agenzia Regionale per la Protezione Ambientale dellaToscana
Inventario regionale delle emissioni (IRSE)
http://www.arpat.toscana.it/progetti/pr_patos_irse.html

ARPE Agence Régionale Pour l’Environnement,
Programme PRELUDDE
http://www.arpe-mip.com/html/1-5609-PRELUDDE.php

AER Assembly of European Region
article « What is a region ? »,
http://www.a-e-r.org/en/about-aer/members/1.html

Carbon Trust
http://www.carbontrust.co.uk/default.ct

CITEPA Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique
http://www.citepa.org/

CITEPA Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique
Inventaire des émissions de gaz à effet de serre en France au titre de la Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques, 2006,
http://www.citepa.org/publications/Inventaires.htm

CITEPA Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique
Inventaire régional France 2000
http://www.citepa.org/publications/Inventaires.htm

CITEPA Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique
Inventaires régionaux et départementaux des émissions de gaz à effet de serre au format PNLCC pour la Région Poitou-Charentes, 2006

CITEPA Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique
Organisations et méthodes des inventaires nationaux des émissions atmosphériques en France, février 2006
http://www.citepa.org/publications/Inventaires.htm

Conseil Régional Nord-Pas de Calais
http://www.cr-npdc.fr/ 


Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur Observatoire de l’Energie
http://www.regionpaca.fr

EEA European Environment Agency
EMEP/CORINAIR emissions inventory guidebook, 2005
http://reports.eea.europa.eu/EMEPCORINAIR4/en/page002.html

EEA European Environment Agency
Annual European Community greenhouse gas inventory 1990-2004 and inventory report, 2006
http://reports.eea.europa.eu/technical_report_2006_6/en

EEA Ntziachristos L., Samaras Z., COPERT III Computer programme to calculate emissions from road transport, novembre 2000

Energikontor-Sydost Agence de l'Energie du Sud-Est de la Suède
Enregibalans Kalmar län, Energibalans Krönenberg län, 2003
http://www.energikontor-so.com/english/engindex.htm

Euractiv Portail Internet entièrement consacré aux affaires européennes
article sur la directive concernant les gaz fluorés,
http://www.euractiv.com/fr/developpement-durable/gaz-fluores-changement-climatique/article-120309

FEDRE Fondation Européenne pour le Développement Durable
Annuaire des régions d’Europe, 2003,
http://fedre.org/default2.asp?lang=fr

Fondazione Lombarda per l’Ambiente

Progetto Kyoto
http://www.flanet.org/ricerca/kyoto.asp

GIEC Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat
Revised 1996 IPCC Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories
http://www.ipcc-nggip.iges.or.jp/public/gl/invs1.htm

GRIP Carney S. Regional Greenhouse Gas Inventory Project Focus North West, 2000
www.grip.org.uk, http://www.grip.org.uk/grip_overview.pdf

Groupe de travail des Länder allemands « comptabilité économique et environnementale »
http://www.ugrdl.de/

Groupe de travail des Länder allemands les bilans d’énergie et bilans d’émissions de CO2
http://www.lak-energiebilanzen.de/sixcms/list.php?page=liste_en&sv%5brelation_en.gsid%5d=lbm1.c.227818.de

IDEA Information sur le Développement Environnemental en Aquitaine
Observatoire de l’énergie en Aquitaine,
http://www.idea-reseau.org/THEMAT/NRJ-Obs/thematique.php?id_chap=48&id_para=240&PHPSESSID=1e631253983120d83e4e3bfe9ea64392

IBGE
Squilbin M. et al. Institut Bruxellois de la Gestion de l'Environnement
Fiches : Les données de l'IBGE : "Air - données de base pour le plan", 2001
http://www.ibgebim.be/francais/contenu/content.asp?ref=399&openpage=1896&langue=Fr

Junta de Andalucía Cascajo López J., Contreras González J., Leal Gallardo A., Moreno Miranda L., Vázquez Sánchez E.M.,
Inventario d'emisiones a l'atmósfera en Andalucia, Junta de Andalucia, 2003
http://www.juntadeandalucia.es/medioambiente/site/web/menuitem.
48ed6f0384107256b935619561525ea0/?vgnextoid=4589185968f04010VgnVCM
1000001625e50aRCRD

Land Salzburg Graggaber M. Sperka G.avec l’aide des membres du groupe de travail “protection du climat”
Kyoto-Optionenbericht Salzburg, décembre 2001
http://www.salzburg.gv.at/themen/nuw/umwelt/klimaschutz/klimaschutz-salzburg/klimaschutz-kyoto-bericht.htm

Land Salzburg Foelsche-Trummer E., Gross R.
Der Salzburger Energie-und Emissionskataster SEMIKAT, avril 2004
http://www.salzburg.gv.at/themen/nuw/umwelt/umweltueberwachung/semikat.htm
Land Salzburg http://www.salzburg.gv.at/themen/nuw/umwelt.htm

MEDD Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable
Premier Bilan et Contribution aux débats du Rendez-Vous Climat, novembre 2005

MIES Mission Interministérielle de l’Effet de Serre
http://www.effet-de-serre.gouv.fr/

MEDD-MIES Plan climat 2004 – Face au changement climatique agissons ensemble, septembre 2004

MIES Mission Interministérielle de l’Effet de Serre
Mémento des décideurs – Les collectivités territoriales engagées dans la maîtrise des gaz à effet de serre, 2003

Ministère de l’environnement roumain
http://www.mmediu.ro/dep_mediu/mediu.htm

Ministerium für Umwelt Ministère de l'Environement de la Sarre
Saarland Agenda
http://www.umwelt.saarland.de/1765_11885.htm

Naturvadsverket Agence nationale de la protection de l’environnement de Suède
http://www.internat.naturvardsverket.se/

NETCEN National Environmental Technology Centre (UK),
National Atmospheric Emissions Inventory, 2000
http://www.aeat.co.uk/netcen/airqual/naei/annreport/annrep99/naeiapp1.html
http://www.naei.org.uk/data_warehouse.php

Oberösterreich Akademie für Umwelt und Natur
Kyoto-Optionenbericht des Landes Oberösterreich, février 2000

OREMIP Observatoire de l’Energie en Midi-Pyrénées.
http://www.oremip.fr/content/

RAEE Rhônalpénergie- Environnement, Explicit.
Bilan énergétique et des gaz à effet de serre de la région Rhône-Alpes. Prospective à l’horizon 2020, août 2006
http://www.rhonalpenergie-environnement.asso.fr/a/i.php?g=2&language=french&o=menu_gauche&category=1_Actualité&open=home

RAEE Rhônalpénergie- Environnement
Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre de Rhône-Alpes, août 2006

RARE Réseau des Agences Régionales de l’Energie et de l’Environnement
Cahier technique N°2 : Bilan régional des émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie, 2003,
http://www.rare.asso.fr/images/OEcahier2.pdf

Région Liguria Base de données émissions dans l’atmosphère
http://ecozero.liguriainrete.it/PRQASINTESI/

Région Piemonte Inventario Emissioni, 2000
http://extranet.regione.piemonte.it/ambiente/aria/emissioni/inventario.htm  et
http://extranet.regione.piemonte.it/ambiente/aria/dwd/emissioni/manuale_fatt_emiss
_nazi_ctnace_anpa_boz_g.pdf

Regione Piemonte De Lauretis R., Gaudioso D., Romano D
Aircraft emissions: a comparison of methodologies based on different data availability, novembre 1997
http://extranet.regione.piemonte.it/ambiente/aria/dwd/emissioni/aircraft_emissions.pdf

Région Wallonne DGRNE, Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement
Tableau de bord de l’environnement wallon, 2004
http://mrw.wallonie.be/dgrne/eew/
 
Région Wallonne DGRNE, Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement
Plan Wallon de l’Air, Programme d'Action pour la Qualité de l'Air en Région wallonne à l'horizon 2010, 2002
http://air.wallonie.be/

Saarland Ministerium für Umwelt Ministère de l’Environnement de la Sarre
Bilan CO2 du Land Saarland http://www.umwelt.saarland.de/medien/inhalt/Energiebilanzkorr.pdf

Solagro Bochu J.L., Couturier C., Doublet S., Pointereau P., 12 propositions pour lutter contre le changement climatique dans le secteur de l’agriculture, Contribution de SOLAGRO, 2003
http://www.solagro.org/site/im_user/124pc2003v7.pdf 

Umwelt Bundesamt (D) Agence Fédérale de l’Environnement en Allemagne
Anderl M., Gangl M., Poupa M.
Bundesländer Luftschadstoff-Inventur BLI
http://www.umweltbundesamt.at/fileadmin/site/publikationen/BE278.pdf

Umwelt Bundesamt (D) Agence Fédérale de l’Environnement en Allemagne
Base de données des facteurs d’émissions pour l’Allemagne :
http://geref.uba.de/mesap/pages/geref/Home.aspx

Umweltbundesamt (A) Base de données des facteurs d’émissions pour le transport (Autriche, Allemagne, suisse) :
http://www.umweltbundesamt.at/en/umweltschutz/verkehr/abgase/hbefa

UNFCCC United Nations Framework Convention on Climate Change
Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques
http://unfccc.int/2860.php
http://unfccc.int/essential_background/convention/items/2627.php

UNFCCC United Nations Framework Convention on Climate Change
Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques, Protocole de Kyoto
http://unfccc.int/essential_background/kyoto_protocol/items/2830.php

UNFCCC United Nations Framework Convention on Climate Change
Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques, national inventories submissions, 2006
http://unfccc.int/national_reports/annex_i_ghg_inventories/national_inventories_submissions
/items/3734.php

Västernorrlands Energikontor Agence de l'énergie de Västernorrlands en Suède
http://www.energikontoret.nu/energilaget/index.shtml

WWF Cymru Bureau WWF du Pays de Galles
Reducing Wales’s Ecological Footprint, mars 2005
http://www.walesfootprint.org/pdf/20048WWFAllWaleEng.pdf
 

Annexe 1 : Les méthodologies définies aux différents niveaux mondial, européen, national 3.

 

Les méthodologies définies aux différents niveaux (mondial, européen, national)

 

Pour les inventaires nationaux : les méthodologies IPCC et CORINAIR

 

Deux approches sont couramment utilisées pour produire des inventaires nationaux :

  • Les lignes directrices du GIEC ou IPCC

  • Le manuel des inventaires d’émissions EMEP/CORINAIR

Les différences entre ces deux méthodes de réalisation d’inventaire reposent en premier lieu sur l’origine des deux systèmes d’inventaires et en second lieu sur les premières utilisations des données d’inventaire. Toutefois pour les inventaires à partir de 1994 les deux systèmes sont cohérents et harmonisés.

 

L’IPCC : Intergovernmental Panel on Climate Change ou GIEC : Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat

 

Créé en 1988 par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), le rôle du GIEC est " d'évaluer l'information scientifique, technique et socio-économique pertinente pour comprendre le risque du changement climatique d'origine humaine."

 

LE GIEC se compose de trois groupes de travail et d’une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre. Le Groupe de travail I évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat. Le Groupe de travail II s’occupe des questions concernant la vulnérabilité des systèmes socioéconomiques et naturels aux changements climatiques, les conséquences négatives et positives de ces changements et les possibilités de s’y adapter. Le Groupe de travail III évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques.

 

LE GIEC produit principalement des rapports d’évaluation, des rapports spéciaux, des directives sur les méthodes à appliquer et des documents techniques.

 

Les rapports méthodologiques, qui décrivent les méthodes et les pratiques en matière d’inventaire des émissions nationales de gaz à effet de serre, sont utilisés par les «Parties» à la CCNUCC (Convention Cadre des Nations-Unies pour le Changement Climatique) pour établir leurs communications nationales. Le premier document de ce type a été établi en 1994 et revu en 1996. Il fait actuellement l’objet d’une autre révision importante. Les nouvelles lignes directrices du GIEC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre seront disponibles en 2006, pour l’instant le document de référence demeure « Revised 1996 IPCC Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories ».

 

CORINAIR : CORe INventory of AIR emissions in Europe, (inventaire principal des émissions dans l’air en Europe)

 

Ce programme de travail démarré au milieu des années 80 par la Commission des Communautés Européennes puis repris par l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) s’est traduit par la mise au point d’une méthodologie européenne reconnue et utilisée par un nombre important de pays européens. Les développements se poursuivent conjointement avec l’EMEP (Co-operative Programme for Monitoring and Evaluation of the Long Range Transmisions of Air Pollutants in Europe / Programme concerté de surveillance continue et d'évaluation du transport à longue distance des polluants atmosphériques en Europe) sous l’égide des Nations-Unies.

 

La méthodologie CORINAIR demande aux pays de collecter les estimations d’émissions en utilisant une nomenclature de sources détaillée (SNAP) et un niveau spatial détaillé (NUTS 3 : Nomenclature d’Unité Territoriales Statistiques, le niveau 3 correspondant à des zones de 150 000 à 800 000 habitants, l’équivalent des départements français). Il est à noter que les substances étudiées ne se limitent pas à celles ayant un impact en termes d’effet de serre, mais il prend également en compte des substances relatives aux phénomènes d’acidification, d’eutrophisation, de pollution photochimique ainsi que les métaux lourds, les polluants organiques persistants, les particules. A partir de l’inventaire d’émissions résultant, la méthodologie peut-être utilisée pour agréger, attribuer et rapporter les estimations d’émissions pour différents formats de rapport.

 

Les deux systèmes suivent les mêmes principes de base :

  • Couverture complète des émissions anthropiques (CORINAIR considère également les émissions les émissions naturelles)

  • Totaux annuels des émissions nationales par catégories de sources

  • Distinction claire entre émissions liées à l’énergie et non liées à l’énergie

  • Transparence et documentation complète permettant la vérification détaillée des données d’activité et facteurs d’émissions.

A ce jour, des progrès considérables ont été faits pour l’harmonisation entre les approches GIEC et CORINAIR.

Le groupe d’experts GIEC sur la combustion a effectué des changements à la liste des combustibles et de catégories sources/puits pour autoriser une comparaison plus directe entre les deux approches.

 

Le programme CORINAIR a développé à présent une approche complémentaire pour inclure des secteurs et subdivisions supplémentaires, (par exemple la définition de l’aviation civile est maintenant ajustée à la définition GIEC) pour qu’un inventaire complet CORINAIR, incluant les estimations d‘émissions, puisse être utilisé pour produire des rapports à la fois dans le format UNFCCC/GIEC ou EMEP/CORINAIR en vue de le soumettre aux Conventions respectives (CCNUCC, UE). Des ajustements mineurs basés sur un savoir local peuvent être nécessaires pour compléter les rapports.

 

Des différences entre les approches subsistent :

  • L’attribution spatiale des émissions du transport routier : CORINAIR, en anticipant sur les postulats d’entrée des modèles de dispersion atmosphérique, applique le principe de territorialité (allocation d’émissions suivant la consommation de carburants) tandis que le GIEC est lié au principe de responsabilité politique (attribution suivant les ventes de carburants).

  • Pour le GIEC, les pays avec une grande disparité entre les émissions des ventes de carburants et la consommation de carburants ont la possibilité d’estimer leur consommation réelle et de rapporter les émissions de la consommation et de les traiter séparément. Cependant, les totaux nationaux doivent être basés sur les ventes de carburants.

Les formats de rapports pour la présentation des résultats de l'inventaire diffèrent, ils sont détaillés ci-dessous. Toutefois par souci d’harmonisation, des tables de conversion pour passer d’un format à l’autre ont été créées.

 

La nomenclature SNAP 97 définie dans la méthodologie CORINAIR se divise en onze secteurs, eux-mêmes subdivisés en plusieurs catégories :

 

La nomenclature SNAP 97 : 11 secteurs

  1. Combustion dans les industries de l’énergie et de la transformation de l’énergie : production d’électricité, chauffage urbain, raffinage du pétrole, transformation de combustibles minéraux solides, mines de charbon, extraction de gaz/pétrole, stations de compression

  2. Combustion hors industrie : commerce et institutionnel, résidentiel, agriculture, sylviculture et aquaculture

  3. Combustion dans l’industrie manufacturière : chaudières, turbine, moteurs fixes, fours, procédés énergétiques

  4. Procédés de production : procédés de l’industrie pétrolière, de la sidérurgie, des houillères, de l’industrie des métaux non ferreux, de l’industrie de chimie organique, inorganique, de l’industrie du bois, de l’alimentation, du papier, de la boisson..

  5. Extraction et distribution de combustibles fossiles/ énergie géothermique : mines, stockage de carburant, extraction, déchargement, distribution de combustibles...

  6. Utilisation de solvants et autres produits : application de peinture, dégraissage et nettoyage à sec, fabrication de produits chimiques, anesthésie et produits de nettoyage.

  7. Transports routiers : voitures, véhicules utilitaires légers, poids-lourds, motocycles et motocyclettes, évaporation d’essence, pneus, freins...

  8. Autres sources mobiles et machines : activités militaires, ferroviaires, navigation fluviale, trafic aérien, engins spéciaux pour l’agriculture, la sylviculture, l’industrie, les loisirs...

  9. Traitements et élimination des déchets : incinération, décharges, crémation, traitements des eaux usées, épandages...

  10. Agriculture et sylviculture : culture avec engrais, sans engrais, écobuage, fermentation entérique, déjections animales, utilisation de pesticides...

  11. Autres sources et puits : forêts naturelles de feuillus, de conifères, feux de forêts, prairies, zones humides, eaux, animaux, volcans, foudres, forêts exploitées...

La nomenclature CRF de l’PCC se compose de 7 secteurs. Certains items ne sont pas individualisés dans la nomenclature CRF notamment une bonne partie du secteur 11.

  1. Energie
    A Combustion
       1 Industrie de l’énergie
       2 Industrie manufacturière et construction
       3 Transport E Feux de savanes
       4 Autres secteurs
       5 Autres
    B Emissions fugitives
       1 Combustibles solides
       2 Essence et gaz naturels

  2. Procédés industriels
    A Produits minéraux
    B Industrie chimique
    C Production de métaux
    D Autres productions
    E Production d'halocarbones et SF6
    F Consommation d'halocarbones et SF6
    G Autres

  3. Solvants et utilisation d'autres produits

  4. Agriculture
    A Fermentation entérique
    B Gestion des engrais
    C Culture du riz
    D Sols agricoles
    F Brûlage au champ des résidus agricoles
    G Autres

  5. Changement d'utilisation des terres et foresterie
    A Variations des forêts et des autres stocks de bois
    B Conversion en forêt et prairies
    C Jachères
    D Emissions et séquestration de CO2 par les sols
    E Autres

  6. Déchets
    A Mise en décharge
    B Eaux usagées
    C Incinération des ordures ménagères
    D Autres

  7. 7 Autres

Des tables de conversion sont disponibles de manière à passer d’un format à l’autre. Cependant tout n’est pas transposable sans calculs.

 

Annexe 2 : Les grilles d’analyse par régions

 

Sommaire des fiches

 

Fiche n°

Pays

Région

1

Allemagne

Tous les Länder (ex de la Sarre)

2

Autriche

Tous les Länder (ex de Salzburg)

3

Autriche

Oberösterreich

4

Autriche

Salzburg (SEMIKAT)

5

Belgique

Wallonie

6

Espagne

Andalousie

7

France

Aquitaine

8

France

Bourgogne

9

France

Haute-Normandie

10

France

Midi-Pyrénées

11

France

Nord-Pas-de-Calais

12

France

Poitou-Charentes

13

France

Provence-Alpes-Côte d'Azur

14

France

Rhône-Alpes

15

Italie

Ligurie

16

Italie

Lombardie

17

Italie

Piémont

18

Italie

Toscane

19

Roumanie

Dolj

20

Royaume-Uni

Régions anglaises (ex Northwest)

21

Royaume-Uni

Wales (NETCEN)

22

Royaume-Uni

Wales (Carbon Trust)

23

Suède

Kalmar et Krönenberg

24

Suède

Västernordland

 

 Les grilles d’analyse reprennent en général en les résumant les données des différents inventaires. Les sources sont donc les bilans originaux, traduits pour tous les inventaires des pays non francophones.

 

Annexe 2 à Télécharger

 

Annexe 3 : Le calcul des émissions

 

Le cheminement chronologique de la réalisation d’un bilan peut être schématisé de la sorte :
1 – Réalisation d’un bilan énergétique régional
2 – Réalisation d’un bilan des émissions de CO2 à partir de ce bilan énergétique régional
3 – Réalisation d’un bilan complet des émissions de gaz à effet de serre

 

Sachant qu’il existe toujours des petites variantes à cette procédure schématique. Certaines régions font directement un bilan GES sans passer au préalable par le bilan CO2. Mais la réalisation d’un bilan énergétique régional est le pré-requis pour un bilan de GES. En effet c’est à partir de ce bilan que les organismes calculent dans un premier temps les émissions de CO2 puisque souvent ce calcul est assez aisé. Il est basé sur la formule :

 

E = A x F

Le calcul des émissions résulte du produit d’une donnée d’activité (ex : consommation totale d’électricité des ménages) par le facteur d’émission de l’activité considérée (émissions de CO2 par kW d’électricité).

 

D’autre part cela souligne le fait que la méthodologie choisie pour la réalisation du bilan énergétique régional a des répercussions évidentes sur l’estimation des émissions de gaz à effet de serre lors du bilan régional des GES.

 

1. Le calcul des émissions : principes généraux

 

Avant de calculer les émissions, il est d’abord nécessaire de définir le concept de « source ».

 

Les sources émettrices de polluants dans l’atmosphère sont classées de la manière suivante :

  • Les Grandes Sources Ponctuelles (GSP)
    Il s’agit de sources fixes, canalisées ou diffuses, dont les rejets de par leur importance et/ou leur toxicité sont connus spécifiquement notamment en France grâce aux déclarations ICPE.
     

  • Les sources linéaires
    Elles sont essentiellement constituées par les principaux axes de communication (routier, fluvial, maritime,…) et incluent parfois des sources fixes telles que gazoducs, oléducs,…
     

  • Les sources surfaciques
    Cette catégorie comprend le reste des sources fixes qui ne sont pas incluses dans la catégorie GSP et les sources diffuses (ex. : émissions des sols agricoles) et mobiles non comprises dans les sources linéaires (ex : la circulation urbaine assimilée de par sa densité à une source surfacique).
    Il faut noter cependant que souvent les sources linéaires sont assimilées à des sources surfaciques en les découpant en tronçons.

En ce qui concerne le calcul des émissions, il est réalisé par activité émettrice. La formule générale et schématique pour les émissions d’une activité donnée s’écrit sous la forme :

Es,a,t = Aa,t x Fs,a

 

Avec 

=> E : émission relative à la substance « s » et à l’activité « a » pendant le temps « t »
=> A : quantité d’activité relative à l’activité « a » pendant le temps « t »
=> F : facteur d’émission relatif à la substance « s » et à l’activité « a ».
 

Cependant les termes A et F sont déterminés de manière souvent beaucoup plus complexe dépendant de paramètres tels que le type de combustible, de sources, de procédé, etc en relation avec l’intervalle de temps, l’entité géographique…

 

Dans certains cas, les émissions présentent des relations complexes avec de nombreux paramètres, il est alors nécessaire de recourir à des modèles spécifiques pour obtenir une bonne représentation des phénomènes. C'est le cas du trafic routier (cf § modèle COPERT), des émissions biotiques, etc.

 

Les Grandes Sources Ponctuelles sont étudiées individuellement à partir des données d'émissions connues spécifiquement ou pouvant être déterminées facilement.

 

2. Les différentes approches de calcul des émissions

 

Plusieurs paramètres rentrent en jeu pour le calcul des émissions. Les organismes qui réalisent le bilan sont forcément confrontés à ce choix et décident alors du choix des différentes approches :

 

Approches top-down/bottom-up

 

L’une des différences essentielles qui va déterminer la précision de l’inventaire et dont va découler sa méthode de réalisation est le choix préalable de l’approche choisie pour la collecte des données. Les deux approches sont les suivantes :

 

L’approche top-down

L’estimation top-down a pour principe de collecter des données générales à un niveau géographique donné (ex : national, régional), de calculer les émissions grâce à ces données et ensuite de réattribuer les émissions à l’échelle spatiale désirée (ex : régionale, départementale, communale) en fonction d’indicateurs statistiques (population, routes, utilisation des terres...). Certaines données ne sont effectivement accessibles qu’au niveau national, il est ensuite nécessaire de les désagréger au niveau régional ou infrarégional (province, commune). Ce type d’approche prévoit aussi la désagrégation temporelle pour laquelle du niveau annuel de départ on arrive à celui de résolution mensuelle, journalière ou horaire des émissions.

 

L’approche bottom-up

A l’inverse, elle part du niveau local en essayant de collecter les données les plus fines possibles (communes, quartiers, établissement par établissement pour l’industrie…) puis, une fois les émissions calculées, elles sont rassemblées, agrégées pour atteindre le niveau géographique requis dans l’inventaire.

 

En pratique ces deux approches sont utilisées simultanément en privilégiant généralement l’une ou l’autre des approches suivant le niveau de détail désiré. Il est effectivement difficile de réaliser entièrement un inventaire avec l’approche bottom-up d’une part à cause du coût et du temps nécessaires pour le faire mais surtout à cause des problèmes de collecte des données, qui sont soit confidentielles (énergie), soit très difficilement attribuables à un niveau local.
Ainsi on aboutit fréquemment à la réalisation d’un inventaire hybride où se côtoient les données provenant de ces deux types d’approches.

 

Approches producteur/consommateur

 

Pour la réalisation d’un inventaire on peut distinguer deux approches pour la comptabilisation et surtout l’attribution des émissions. Ces deux approches sont les suivantes : l’approche « producteur » ou territoriale (liée au lieu de production) et l’approche « consommateur ».

 

La première approche proposée par le GIEC, suggère simplement d’appliquer une méthode géographique, la comptabilisation ne doit considérer que les émissions de CO2 directement attribuées à chaque secteur de la portion de territoire étudiée et donc à l‘intérieur de ses limites géographiques. Dans ce cas, la contribution aux émissions globales est évaluée pour chaque source d’émissions au niveau local sans inclure par exemple la combustion de matières énergétiques indirectement reliée au système. Toutefois, si nous considérons un pays qui importe uniquement des biens transformés, sans les transformer dans les limites de la région, on observera certainement une situation paradoxale avec des émissions très faibles par rapport au niveau de vie de la région. Au contraire, une région qui produit des marchandises pour une autre région aura à payer pour le CO2 associé à quelque chose dont ils ne bénéficieront pas.

 

Ces considérations ont conduit à une manière différente de procéder pour la comptabilisation des émissions de GES basée sur la responsabilité du consommateur. En effet, si le consommateur d’un produit final est totalement responsable pour l’ensemble de l’impact écologique du processus qui a généré ce produit, le consommateur devrait être en charge des émissions totales liées au processus. Par exemple, le fait de consommer des carottes originaires d’Afrique du Sud devrait correspondre, si le consommateur les mange dans une région européenne, à une imputation des émissions liées à la production et au transport de ces carottes, à la région du consommateur.

 

Dans ce cas, l’inventaire GES accorderait un plus faible niveau d’émissions aux territoires exportateurs et un plus haut niveau aux territoires importateurs. Ce type de comptabilisation peut être vu comme plus équitable parce qu’il fait payer la note de GES aux utilisateurs finaux, mais il sera moins incitatif pour créer des processus productifs plus propres et plus efficaces en terme d’énergie dans les régions exportatrices. Cet exemple est développé dans le rapport « Reducing Wales’ Ecological Footprint » du WWF qui prend l’exemple du Pays de Galles et de l'ensemble du Royaume-Uni.

 

Il faut noter que pour le moment, aucune méthode communément admise pour le calcul des émissions de CO2 suivant une approche « consommateur » n’a été développée.

La limite première de cette méthode est qu’elle est encore susceptible d’accroître les incertitudes liées aux calculs puisque cela rajoute encore un niveau de « réattribution ». En effet pour attribuer les émissions au consommateur, il faut partir des données producteurs que l’on répartit statistiquement au consommateur. Ce qui induit une possibilité d’incertitudes supplémentaires.

 

3. Le format de rapport pour la présentation du calcul d'émissions

 

Les résultats des inventaires sont présentés selon un format souvent normalisé. Le choix d’un format est en général à mettre en relation avec le but poursuivi lors de la mise en place de ce type d’observatoire. Parmi les nomenclatures, les trois utilisées dans les inventaires à notre disposition sont le « common reporting format » CRF/IPCC, SNAP/CORINAIR, PNLCC (Plan National de Lutte contre le Changement Climatique).

Ce qui est comparable dans les deux premiers formats de rapport est le fait que les émissions énergétiques soient clairement séparées des émissions non énergétiques.

 

Contrairement au format PNLCC utilisé dans l’inventaire Poitou-Charentes par exemple, où l’inventaire est divisé en sept secteurs (industrie de l’énergie, industrie manufacturière, transports, résidentiel/tertiaire/institutionnel/commercial, agriculture/sylviculture, traitement des déchets, utilisation des terres, leur changement et la forêt) et la combustion d’énergie est alors rapportée à chaque secteur.

 

Prenons l’exemple de l’agriculture :

Secteur PNLCC Code CRF Code SNAP
Agriculture/sylviculture    
Consommation d’énergie 1A4c 02 03 / 08 06 / 08 07
Sols agricoles 4D 10 01 et 02
Fermentation entérique 4A 10 04
Déjections animales 4B 10 05 et 10 09
Culture du riz 4C 10 02 03

 

Le même constat est fait pour chacun des 7 secteurs.

 

La plupart des inventaires ne sont pas présentés réellement avec un format normalisé mais les grands secteurs ont été individualisés : industrie, transport, résidentiel/tertiaire, agriculture, déchets. Souvent d'ailleurs ces grands secteurs correspondent néanmoins aux principaux secteurs du format CRF. Cependant, parmi ces inventaires, certains ont probablement dû être élaborés sur la base d'un des formats normalisés mais pour des raisons de facilités de visualisation, puisqu'ils sont destinés à une diffusion à un large public, le choix de présenter les résultats seulement sous forme de grands secteurs a été fait.

 

4. Le calcul des émissions énergétiques

 

4.1 Le calcul des émissions liées à la production d’énergie (exemple de l’électricité)

 

Le calcul des émissions liées à l’énergie se déduit de la consommation énergétique par type de combustible que l’on multiplie par des facteurs de conversion. Les facteurs de conversion sont en général issus de la bibliographie internationale sauf pour l’électricité puisqu’en fonction du type de production du pays, les émissions par KWh diffèrent.

 

Pour le calcul des émissions issues de la consommation d’électricité, deux méthodes peuvent être employées. La première prend en compte les combustibles utilisés pour la production d’électricité, la deuxième utilise le facteur moyen de contenu en CO2 par KWh par secteur pour le calcul. En France, par exemple le fait que 80% de la production soit issue du nucléaire donne un contenu moyen en CO2 pour l’électricité plus faible (120 gCO2/kWh) que pour la moyenne européenne (environ 340 gCO2/kWh) où l’utilisation de centrales thermiques approvisionnées en combustibles fossiles est plus répandue.

 

Pour la deuxième méthode, les chiffres ci-dessous peuvent être utilisés en France pour calculer par secteur, les émissions liées à la consommation d’électricité par secteur.

Source : ADEME, EDF, 2004
Figure 15 : Indicateurs de contenu en CO2 de l’électricité consommée en France (en g/kWh)

 

Comme on l’a vu précédemment, deux approches peuvent être utilisées (consommateur/producteur) et quand elles le sont en général, elles portent sur les production/consommation d’énergie. Ainsi par exemple, lorsque l’on calcule les émissions selon la deuxième méthode (par secteur de consommation) il est plus facile ensuite d’appliquer l’approche consommateur, sauf si on utilise les données de production que l’on désagrége pour obtenir la répartition des consommations.

 

Un exemple de calcul des émissions suivant l’approche consommateur, et les différences entre cet inventaire Carbon Trust et l’inventaire national des émissions atmosphériques (NAEI) réalisé par NETCEN pour l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et le Pays de Galles :

Dans ce rapport, les émissions sont attribuées au consommateur final notamment pour tout ce qui concerne l’énergie. En effet, les émissions de l’électricité exportée ne sont pas attribuées au Pays de Galles par exemple mais à l’Angleterre. Cependant contrairement au WWF, il n’est pas précisé ce qu’il en est des marchandises. Il semble qu’ils n’attribuent cela qu’au producteur et non au consommateur. Cela représente donc un compromis entre les deux approches.

 

L’étude Carbon Trust attribue le CO2 associé à l’électricité au point de consommation plutôt qu’au point de génération. Bien qu’attribuer au point de génération soit cohérent avec la directive IPPC (Integrated Pollution Prevention and Control / Prévention et contrôle intégrés de la pollution), il est reconnu que cela ne reflète pas vraiment la contribution réelle de Wales aux émissions de GES du Royaume-Uni. Il y environ 2 Mt CO2éq de différence entre cette étude et le NAEI.(cf figure 16)

 

Au sein des inventaires et selon les secteurs, certaines émissions sont supérieures pour l’étude Carbon Trust, d’autres supérieures pour le NAEI. Mais globalement, elles sont plus grandes pour le NAEI de 2.1 Mt CO2éq, reflétant principalement les approches différentes prises pour traiter les émissions liées à l’électricité.

 

De plus si on incluait au NAEI :

  • une plus grande contribution positive de l’UTCF

  • le CO2 énergétique du transport maritime et aérien (Le NAEI n’a attribué aux différentes régions ni d’énergie consommée, ni d’émissions de CO2 à l’aviation civile et au transport maritime),

  • une augmentation des émissions des procédés industriels pour refléter leur sous-estimation

  • une augmentation de la contribution du méthane et protoxyde d’azote pour inclure la part que le NAEI laisse non attribuée,

Alors le bilan NAEI serait de 48-49 Mt CO2éq au lieu de 46.41 Mt CO2éq, ce qui représente une différence encore plus importante.

Source : Carbon Trust
Figure 16 : Comparaison des émissions entre l’étude Carbon Trust et le NAEI

 

4.2 Le calcul des émissions du secteur des transports routiers

 

Il existe plusieurs méthodes pour estimer la consommation énergétique puis les émissions du secteur des transports :

L’approche par livraisons de carburants. Cette approche est préconisée dans les cahiers techniques du RARE (Réseau des Agences Régionales de l’Energie) et est décrite ci-dessous.

 

Cahier technique n°1 : Bilan régional de l’énergie

Tous les types de transports (transports routiers, transports ferroviaires, transports maritimes et fluviaux, transports aériens y compris ceux qui relèvent de l’industrie, de l’agriculture, des commerces et des ménages) sont pris en compte. La réalisation du bilan s’appuie sur les livraisons de carburants publiées dans le rapport “Pétrole, éléments statistiques” du Comité Professionnel du Pétrole (CPDP) et par les ventes d’électricité pour le transport ferroviaire. Ces dernières données sont disponibles auprès de l’Observatoire de l’Énergie.

 

"Bundesländer Luftschadstoff-Inventur" en Autriche (Inventaire des polluants atmosphérique des Länder) soulève une des limites de cette approche :

Les calculs de consommation d’énergie du transport routier sont basés sur les ventes de carburants en Autriche. Dans le cadre de l’inventaire national, l’Autriche se doit de prendre en compte tous les carburants utilisés dans le secteur du transport indépendamment du fait qu’ils soient consommés en Autriche ou non. Ainsi dans les émissions attribuées au secteur du transport sont aussi inclues les émissions provenant de carburants achetés en Autriche, mais utilisés à l’étranger. Une des études à ce sujet montre que presque 30% des émissions du transport en 2003 reviennent au « Tanktourismus » ou tourisme de réservoir.

 

La part du tourisme de réservoir dans la consommation de carburants en Autriche s’élève environ à 30% pour le diesel, et environ à 20% pour l’essence. Les voitures particulières en sont évidemment en partie responsables mais les camions qui transportent des marchandises à l’international contribuent certainement à une part importante de ce tourisme de réservoir. Celui-ci s’explique par un prix des carburants plus bas en Autriche que dans certains de ses pays limitrophes.

 

La part des émissions dues au tourisme de réservoir a été évaluée dans le cadre d'une étude réalisée pour l'Autriche entière. Elle sera prochainement déterminée pour chacun des Länder.

 

L’approche par parc où les consommations énergétiques sont déduites des statistiques régionales sur le parc automobile et sur le transit.

Cette approche était celle choisie par l’APCEDE en 2004 (avant le bilan des émissions de GES effectué par le CITEPA) et décrite ci-dessous.

 

L’estimation des consommations d’énergie du transport routier se fait en deux étapes :

 

1ère étape : estimer la consommation engendrée par le parc régional de véhicules et de poids lourds

 

On évalue les consommations du secteur des transports routiers en combinant des données relatives à :

  • La structure du parc (type de véhicule et type de motorisation),

  • Les distances annuelles moyennes parcourues par les différents types de véhicules (exprimées en kilomètre annuel moyen),

  • Les consommations unitaires par type de véhicules (exprimées en litres/km).

La figure 17 présente les sources de données nécessaires à l’estimation des consommations annuelles des différents types de véhicules.

 

Données Types de véhicules Sources Période de disponibilité
Structure du parc (valeurs absolues et relatives) Véhicules particuliers Office régional du transport : données annuelles 1991 à 2003
Poids lourds et véhicules utilitaires 1990 à 2003
Distances annuelles moyennes parcourues (km/années) Véhicules particuliers Ademe Valbonne : Données annuelles issues du panel Secodip 1990 à 2002
Poids lourds et véhicules utilitaires
Consommations unitaires (litres/km) Véhicules particuliers Ademe Valbonne : Données annuelles issues du panel Secodip 1990 à 2002
  Poids lourds et véhicules utilitaires   1990 – 2002

Source : APCEDE – Tableau de bord régional des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre

Figure 17 : Les sources de données nécessaires à une approche par parc

 

Dans le cas des véhicules particuliers et commerciaux, il est nécessaire de faire la distinction entre le parc statique et le parc roulant. En effet, les différents systèmes de comptabilisation du parc (immatriculations, cartes grises…) prennent mal en compte les sorties de véhicules du parc roulant.

Par l’intermédiaire de différentes études réalisées (essentiellement ADEME et INREST), on suppose que seul 89% des véhicules comptabilisés sont effectivement utilisés. Ces mêmes études montrent une stabilité de ce coefficient dans le temps.

 

De plus, le degré de décomposition des données (type de motorisation, type de véhicules…) permet d’obtenir des données indispensables à l’aide à la décision dans le domaine des transports.

 

2ème étape : prendre en compte le transit routier de marchandises et de voyageurs

 

La deuxième étape conduit à comptabiliser des consommations non directement générées par les activités régionales. Les consommations d’énergie engendrées par le transit et le trafic routier de marchandises et de passagers prennent en compte :

  • les marchandises de transit (hors import – export),

  • les marchandises d’import – export,

  • les passagers de transit,

  • les passagers de vacances (hors vacanciers étrangers),

  • les visiteurs étrangers,

  • les autres passagers longue distance.

L’ensemble des données utilisées dans cette partie sont issues de l’étude ADEME – ENERDATA : « spatialisation des flux de transport routier dans les régions françaises et niveau d’encombrement des infrastructures ».

 

L’approche par parc est imparfaite pour de nombreuses raisons : absence d’un système d’information complet sur le parc régional, peu de données sur les distances parcourues en région... Toutefois, cette démarche permet une décomposition de l’information particulièrement intéressante en termes d'aide à la décision : données par catégorie de véhicules, possibilité de faire des analyses en vue de différents scénarii.

 

De même, l’utilisation d’indicateurs d’efficacité énergétique pour estimer les consommations du transit routier de marchandises et de passagers se heurte au manque d’information continue dans le temps. En effet, la plupart de ces informations sont tirées d’études ponctuelles et fournissent donc des données à un instant t. Or, l’évolution des comportements, des technologies et des modes d’utilisation laisse penser que ces indicateurs évoluent sensiblement dans le temps.

 

En comparant ses résultats aux données du CPDP (Comité Professionnel Du Pétrole), l’écart entre les deux sources d’informations n’excédant pas 8%, l’APCEDE a admis que « l’approche par parc » était pertinente.

 

L’approche trafic

Cette approche a pour réalisation ultime des modèles tels que le modèle COPERT, actuellement COPERT III, qui est utilisé dans les inventaires nationaux par exemple mais qui peut être utilisée à l’échelle régionale. On peut prendre comme exemple la Lombardie après avoir brièvement explicité la méthodologie COPERT III.

 

Il faut savoir que plusieurs logiciels pour le calcul des émissions sont utilisés. Ces logiciels se basent sur les facteurs d’émissions définis par COPERT III et souvent sur tout ou partie de la méthodologie pour proposer des interfaces de calculs notamment qui lient ces calculs à un système de SIG pour réaliser un cadastre.

Les particularités régionales peuvent être prises en compte par cette approche top-down via la composition du parc de véhicules, les conditions de conduite et la température. Il est donc possible d’appliquer une approche bottom-up si les données sont suffisamment précises, par exemple si des procédures de comptage de trafic ont été mises en place.

 

En Lombardie, avec le projet INEMAR (INventario EMissioni Aria), c’est cette amélioration qui a été apportée à la méthodologie CORINAIR. Le but était en effet d’avoir un inventaire spatialisé et de disposer des chiffres d’émissions au niveau communal.

Une énorme quantité de données de trafic pour la région Lombardie a été récoltée et analysée pour la période 1995-2001. Une des méthodes d’estimation du trafic est par exemple le relevé des kilomètres parcourus sur le réseau autoroutier grâce aux péages.

Des données précises ont été recueillies pour 9000 sections routières, 4 catégories de véhicules, (véhicules légers < 3.5 t, véhicules lourds > 3.5 t, autobus, motos> 50 cm3).

Les profils de distribution temporelle des véhicules ont été considérés pour quatre saisons, trois types de jours, (jour ouvrable, samedi et dimanche) et différentes périodes du jour. Toutes les données disponibles ont été traitées par un modèle d'assignation du trafic afin de calculer les flux de trafic ainsi que la vitesse de conduite sur le réseau routier sur environ 45.000 brins (parties de réseau), comprenant toutes les routes principales, et en excluant les routes avec un trafic au caractère très local.

Pour l'estimation des émissions de particuliers, la méthodologie proposée dans la dernière édition du Guidebook prenant en compte l'usure de freins, pneus et manteau routier été utilisée.

 

4.3 Autres types de transports

 

Transport aérien

Tous les inventaires régionaux ne prennent pas en compte les émissions de ces sources, considérant qu’elles sont hors du champ de compétence régionales. Pour ce qui concerne les émissions de l’aviation lorsqu’elles sont calculées, les émissions dérivent du nombre de LTO (Land and takeoff : atterrissage/décollage). En effet on considère deux phases dans un vol : le cycle LTO et la phase croisière. Le cycle LTO débute lorsque l’appareil approche de l’aéroport, c’est-à-dire lors de sa descente de l’altitude de croisière, atterrit et regagne la porte, puis continue lorsque l’appareil repart de la porte pour son départ suivant et monte jusqu’à son altitude de croisière.

 

Dans les cas où les émissions sont calculées, seuls les cycles LTO importent puisque c’est uniquement les émissions correspondantes à cette phase qui sont prises en compte.

 

D’après l’étude “aircraft emissions: a comparison of methodologies based on different data availability” , les méthodologies proposées par CORINAIR permettent à chaque pays de remplir les obligations requises par les différents organismes internationaux en considérant les informations disponibles au niveau national sur la consommation de carburants, les modèles d’appareils, les facteurs d’émissions et les routes de vols. Cependant, des ajustements à ces méthodologies sont proposés de manière à intégrer des données supplémentaires comme la quantité totale d’heures de vol par type d’avions ou la consommation de carburant par vol.

 

De manière à appliquer la méthodologie « très simple » pour l’estimation des émissions, chaque pays devrait vérifier si la flotte moyenne proposée par le Guidebook est représentative de la flotte moyenne nationale et si nécessaire devrait donc choisir un type de flotte plus représentatif.

Selon cette étude, la méthodologie « simple » est plutôt bonne pour une flotte homogène puisque la fiabilité des résultats décroît avec l’hétérogénéité de la flotte. Dans le cas d’une information détaillée, la méthodologie « alternative simple » est recommandée puisque les résultats montrent une variabilité plus faible.

Les lignes directrices IPCC 1996 proposent également une méthodologie pour estimer les émissions comparable aux méthodologies CORINAIR, mais ils recommandent tout de même d’utiliser la méthodologie « très simple » qui peut donner des résultats acceptables (cf figure 18).

 

Dans les inventaires régionaux, quasiment tous les inventaires qui disposent d’une partie transport aérien ont estimé les émissions à l’aide d’une méthodologie « très simple » ou « simple » issue de CORINAIR. (Wales semble utiliser une méthodologie plus détaillée)

Source : “aircraft emissions: a comparison of methodologies based on different data availability, 1997

Figure 18 : Calcul des émissions aériennes : données d’entrée nécessaires pour les différentes méthodologies

 

Transport maritime et fluvial

Pour traiter ces calculs, l’exemple de l’Andalousie a été choisi car c’est l’un des plus détaillés.

 

En Andalousie, le calcul inclut les canaux navigables et les émissions pour les opérations d’amarrage et de largage des amarres dans les ports. On ne considère pas les émissions liées au trafic maritime sur les liaisons entre ports, puisqu’elles ne sont pas générées dans le domaine géographique d’étude.

Pour ce calcul, la méthodologie détaillée développée par CORINAIR est utilisée. Les facteurs d’émissions dont on se sert, dépendent du temps de fonctionnement des bateaux.

 

Il existe une autre méthodologie CORINAIR (méthodologie simple) qui se base sur des facteurs d’émissions dépendant de la consommation annuelle de carburants mais qu’il n’a pas été possible d’utiliser étant donnée l’inexistence des données de consommation de carburants du trafic sur les canaux navigables et des opérations d’amarrage/largage.

 

On utilise alors des données comme le temps moyen des opérations d’amarrage/largage . Les opérations d’amarrage/largage sont déterminées en fonction du tonnage des navires. Les facteurs d’émission (t/h) sont sélectionnés à partir de la méthodologie CORINAIR en fonction du tonnage.

 

Transport ferroviaire :

En général il est pris en compte, même dans les régions où les transports aérien et maritime ne le sont pas.

 

Une méthode de calcul simple est celle qui se base sur les émissions déduites de la vente de carburants. Mais parfois les données de vente n’étant pas disponibles ou inexistantes au niveau régional, il est nécessaire au préalable d’estimer la consommation régionale de gasoil due au trafic ferroviaire, d’abord, en estimant de la consommation moyenne de gasoil par kilomètre sur le réseau national puis en la multipliant par le nombre de kilomètres du réseau ferroviaire régional.

 

4.4 Le calcul des émissions des secteurs résidentiel et tertiaire

 

Il est souvent difficile de sectoriser les émissions de ses deux secteurs par manque de données précises sur l’emploi des combustibles.

 

Les organismes essaient alors de séparer les deux secteurs en utilisant des statistiques d’emploi dans le tertiaire, de surface et volumes de bureaux, d’enquêtes dans les hôpitaux, lycées, d’enquêtes dans les ménages pour déterminer les types de chauffage… Cela demande évidemment beaucoup de temps et de main d’œuvre, ce qui explique le fait que certains inventaires ne distinguent pas les deux secteurs.

 

Dans le secteur résidentiel, comme dans le secteur tertiaire, deux approches sont complémentaires :

  • l'approche top-down qui permet d’obtenir les données de ventes de combustibles mais ne permet pas de savoir précisément les émissions résultantes puisqu’elle ne prend pas en compte les caractéristiques des logements (isolation, type de combustibles de chauffage,..)

  • l’approche bottom-up, il est possible de compléter les informations en utilisant les caractéristiques des logements (taille, âge), leur énergie de chauffage et leur taux d'équipement. Toutefois ceci nécessite la collecte et le traitement de nombreuses données.

Pour le tertiaire, de la même façon, deux méthodes sont utilisées : les enquêtes et la reconstitution des consommations à partir d’éléments statistiques. Vu l’insuffisance de données, il s’avère souvent nécessaire de réaliser des enquêtes sur le terrain afin par exemple d’inventorier le nombre d’équipement au niveau régional (lycées, collèges, écoles, supermarchés, hôpitaux, restaurants,..). D’autant que ce secteur est mal connu d’un point de vue énergétique puisqu’il comprend de toutes petites entreprises (artisans par exemple) comme des bâtiments qui ont des consommations plus proches de l’industrie (hôpitaux, hypermarchés)

 

5. Le calcul des émissions de gaz fluorés

 

Le calcul de ces émissions au niveau régional, lorsqu'elles y figurent, est presque exclusivement issu de la désagrégation des données du niveau national au niveau régional. Certaines régions ont commandé des études pour préciser ces émissions : la Wallonie et un des inventaires du Pays de Galles.

 

6. Le calcul des émissions non énergétiques

 

Le fait que certains inventaires régionaux ne prennent pas en compte les émissions d’origine non énergétique s’expliquent de deux manières : d'une part, ces émissions dans le total des émissions de GES représentent souvent bien moins de 30% et parfois même moins de 20%, d’autre part ces émissions sont relativement difficiles à calculer et de là soumises à encore plus d’incertitudes.( sources diffuses, études nécessaires pour de nombreuses sources, données non aisément accessibles…)

 

6.1 Les émissions liées aux déchets

 

LE GIEC propose deux méthodes pour calculer les émissions de méthane issues des décharges. La décomposition anaérobie de matières organiques entraîne en effet un dégagement de méthane dans l’atmosphère.

  • la méthode de décomposition de premier ordre (DPO)
    Cette méthode produit un profil d'émissions qui reflète le processus de dégradation dans le temps. Cette méthode requiert cependant des données sur plusieurs décennies sur la production et les méthodes de gestion des déchets qui sont rarement disponibles pas forcément au niveau régional.
     

  • la méthode par défaut
    Cette méthode utilise l'hypothèse de l'émission de la totalité du CH4 potentiellement contenu dans les déchets pendant l'année d'élimination des déchets. Selon le GIEC, cette méthode donne "une estimation annuelle raisonnable des émissions réelles si la quantité et la composition des déchets dans les décharges ont été constantes ou n'ont varié que lentement sur plusieurs décennies".
    Etant plus simple que la précédente, cette méthode est couramment utilisée dans les régions.

Certaines régions mènent des études plus spécifiques :

La région Midi-Pyrénées a confié à SOLAGRO une étude sur les décharges de manière à repréciser pour la région des émissions qui étaient entachées d’une grande incertitude.
 

La région Nord-Pas de Calais a effectué des enquêtes dans les décharges pour savoir lesquelles sont dotées d'un système de captage du biogaz afin également de préciser les données à la fois actuelles mais aussi au cours du temps.

 

6.2 Les émissions liées à l’agriculture

 

Il existe souvent des méthodes plus complexes pour calculer ce type d’émissions, mais au niveau régional en général, ce sont les méthodes les plus simples qui sont utilisées de même que pour les déchets. Une grande partie des informations est tirée de l’inventaire réalisée par l’agence régionale pour l’environnement et le développement soutenable en Bourgogne, Alterre Bourgogne (ex- OREB) dans le rapport : « Bilan régional des émissions de gaz a effet de serre en Bourgogne, rapport technique, janvier 2005 »

 

Emissions de CH4 liées à :

  • la fermentation entérique :
    La méthode générale utilisée : les émissions sont obtenues en multipliant les effectifs de chaque catégorie de bétail par un facteur d’émission approprié, ceci dépendant principalement du type d’animal (donc de son mode de digestion), du stade développement de l’animal, de son type de production et de la nature des aliments qu’il consomme.
     

  • la gestion des effluents d’élevage
    Le calcul des émissions consiste à multiplier les effectifs de chaque catégorie de bétail par un facteur d’émission approprié. Les facteurs d’émission utilisés sont définis par espèces et catégories d’animaux mais uniquement à l’échelon européen pour le moment, des études sont en cours pour préciser cela au niveau national en France par exemple.

    En Wallonie par exemple, les facteurs d’émissions pour chaque catégorie d’animaux ont été développés par le SITEREM. Ces facteurs prennent en compte le type et le volume de déjections produites durant le temps passé dans les étables, sa densité et son contenu en carbone, et son taux de (volatilisation en carbone). Les paramètres viennent d’études conduites en Wallonie ou en France. Ces facteurs d’émissions sont multipliés par le nombre d’animaux pour estimer les émissions totales issues de la gestion des déjections.

Emissions de N2O :

  • la gestion des effluents d’élevage
    Calcul des émissions : multiplication pour chaque type de bétail de la quantité totale d’azote excrété dans chaque système de gestion des effluents par un facteur d’émission approprié. Il est donc nécessaire d’évaluer la quantité d’azote excrété par catégorie et sous-catégorie animale et de déterminer la part d’azote gérée dans chaque système de gestion des effluents. Un facteur d’émission est ensuite attribué, par catégorie animale, à chaque système de gestion des effluents. Le calcul concerne uniquement les émissions de N2O provenant de bassins anaérobies, des systèmes liquides, du stockage des déchets solides et des autres systèmes, avant leur épandage sur les sols. Les facteurs d’émission pour chaque type de bétail en fonction des différents systèmes de gestion des déjections animales sont ceux définis par le GIEC.
     

  • Les émissions directes imputables aux sols cultivés

    Estimations qui comprennent en général :

    • les émissions directes de N2O par les sols cultivés imputables: à l’épandage d’engrais de synthèse, à l’épandage des effluents d’élevage et des boues de station d’épuration ; à l’enfouissement et la dégradation d’une partie des cultures fixant de l’azote atmosphérique (fixation symbiotique); à l’enfouissement et la dégradation des résidus de cultures ;

    • les émissions imputables au pâturage du bétail.

    Le calcul des émissions est effectué en multipliant la quantité d’azote apportée au sol par les différentes sources (engrais chimiques, effluents, résidus de culture) par un unique facteur d’émission par le sol. Le GIEC reprend le facteur d’émission moyen validé par la communauté scientifique. Les incertitudes sur ce facteur sont très importantes.
    Par exemple en Bourgogne, des travaux menés en partenariat avec l’INRA Dijon ont permis de déterminer des facteurs d’émission plus précis pour les résidus de culture. Ce mode de calcul en effet ne prend pas en compte le type de culture, les pratiques culturales, les conditions de sol et les types de fertilisants.

     

  • Les émissions par épandage d’engrais minéraux :
    L’apport d’azote minéral peut être assimilé aux livraisons d’engrais minéraux, exprimées en quantité d’azote utile. Le facteur d’émission du GIEC est de 1,25% de N2O émis pour la quantité apportée au sol.
     

  • Les émissions par épandage d’effluents d’élevage, Les émissions par épandage des boues d’épuration, Les émissions par fixation symbiotique :
    Le facteur d’émission proposé par le GIEC est 1,25% de N2O émis pour la quantité apportée au sol.
     

  • Les émissions par les résidus de cultures :
    Les cultures pour le calcul sont celles fixant l’azote (protéagineux et soja) et les cultures ne fixant pas l’azote (céréales, colza et tournesol). Le facteur d’émission proposé par le GIEC est de 1,25% de N2O émis pour la quantité apportée au sol.

    De la même façon, une recherche de facteurs plus précis par type de culture a été conduite par Alterre Bourgogne en partenariat avec l’INRA Dijon. 135 références bibliographiques de facteurs d’émission publiés concernant les sols français ou situés sous des climats comparables ont été utilisées pour proposer les facteurs d’émission suivants : 0,475% pour les cultures de blé tendre, orge d’hiver, avoine, triticale, et seigle ; 0,8% pour les cultures d’orge de printemps, maïs grain, colza, tournesol et autres céréales.
     

  • Les émissions directes issues du pâturage du bétail
    Les remarques faites dans l’inventaire bourguignon montrent que les émissions estimées de N2O issues des sols en Bourgogne sont sans doute sous estimées puisqu’elles varient beaucoup d’une parcelle à une autre. Les quantités émises dépendent notamment du mode d’occupation des sols. Des facteurs différents selon le type d’occupation du sol ont donc été utilisés, ceux-ci pourraient être encore affinés. Les émissions dépendent également du type de fertilisant épandu. On ne dispose actuellement pas de facteurs d’émission différents selon le type de fertilisant. Une estimation des émissions est par conséquent difficile à réaliser au vu des fluctuations enregistrées et de la variabilité spatiale et les émissions calculées pour ce bilan régional sont à prendre avec précaution.
    Ceci montre encore une fois que plusieurs sources sont soumises à de grandes incertitudes.
     

  • Les émissions indirectes venant du dépôt de NOx et de NH4 atmosphériques
    Les dépôts atmosphériques de composés azotés, tels que NOx et NH4, fertilisent les sols et les eaux de surface, ce qui augmente la formation biogénique de N2O. Les émissions de N2O sont calculées à partir de la quantité d’azote utilisé en agriculture volatilisé puis déposé dans les sols, multipliée par des facteurs d’émission pour le dépôt atmosphérique. La quantité d’azote volatilisé puis déposé dans les sols est égale à la quantité totale d’azote des engrais appliqués aux sols plus la quantité d’azote excrété par le bétail plus la quantité d’azote apporté par les boues d’épuration épandues multipliée par des facteurs de volatilisation. Le GIEC considère en moyenne que 10% des fertilisants artificiels appliqués et 20% de l’azote excrété par bétail et boues d’épuration se volatilisent sous forme de NH3 et de NOx. Le facteur d’émission de N2O proposé par le GIEC est égal à 1% des quantités d’azote volatilisées sous forme de NH3 et de NOx.mais quid des NOx d'origine non agricole comme les véhicules ?
     

  • Les émissions indirectes issues du lessivage et du ruissellement des nitrates
    Les émissions de N2O sont obtenues en multipliant la quantité totale d’azote appliqué sur les sols cultivés par la fraction d’azote perdu par lessivage et ruissellement puis par un facteur d’émission lié au lessivage/ruissellement. Le GIEC considère en moyenne que 30% de l’azote produit et épandu s’infiltre dans les sols. Le facteur d’émission de N2O proposé par le GIEC est égal à 2,5% des quantités d’azote infiltrées dans les sols.

    Le groupe de réflexion de Bourgogne fait remarquer que le GIEC considère pour les émissions indirectes de N2O que les dépôts ont lieu dans la région émettrice, ce qui peut apparaître abusif, notamment pour les processus atmosphériques.

 

Annexe 4 : Récapitulatif par région des types d’inventaires recueillis

 

Pays

Région

Type d'inventaires

 

Allemagne

Toutes (16)

Bilans CO2

 

Autriche

Salzburg

Bilan GES

 

Autriche

Toutes (9)

Bilans GES en partie désagrégé NIR

 

Belgique

Flandre

Bilan GES

 

Belgique

Bruxelles-Capitale

Bilan GES

 

Belgique

Wallonie

Bilan GES

 

Danemark

 

normalement oui

 

Espagne

Andalucia

Bilan GES

 

Espagne

Aragon

?

 

Espagne

Asturias

Bilan CO2

 

Espagne

Castilla y Leon

Aucun

 

Espagne

Castilla La Mancha

Bilan CO2

 

Espagne

Catalogne

?

Espagne

Galice

?

 

Espagne

Pays Basque (EVE)

?

 

Espagne

Valencia

?

 

France

Aquitaine

Bilan CO2

 

France

Bourgogne

Bilan GES

 

France

Haute-Normandie

Bilan GES désagrégé NIR

 

France

Ile de France

Bilan GES en cours et bilan CO2

 

France

Lorraine

Aucun

 

France

Midi-Pyrénées

Bilan GES

 

France

NPDC

Bilan GES

 

France

PACA

Bilan GES

 

France

Poitou-Charentes

Bilan GES

 

France

La Réunion

Bilan CO2 en cours

 

France

Rhône-Alpes

Bilan GES

 

Finlande

 

?

 

Grèce

Crète

Aucun

 

Italie

Abruzzo

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Molise

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Basilicata

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Campania

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Emilia Romagna

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Friuli-Venezia-Giulia

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Marche

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Sardegna

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Sicilia

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Trentino- Alto Adige

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Umbria

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Veneto

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Puglia

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Calabria

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Lazio

Bilan GES désagrégé NIR

 

Italie

Liguria

Bilan GES

 

Italie

Lombardia

Bilan GES

 

Italie

Piemonte

Bilan GES

 

Italie

Toscana

Bilan GES

 

Italie

Valle d'Aosta

Bilan GES désagrégé NIR

 

Irlande

 

Aucun

 

Luxembourg

 

NIR

 

Pays-Bas

 

 

 

Portugal

Açores

?

 

Portugal

Madère

Aucun (bilan CO2  pour Funchal)

 

Royaume-Uni

England (9)

Bilan GES

 

Royaume-Uni

Northern Ireland

Bilan CO2 Carbon Trust

 

Royaume-Uni

Northern Ireland

Bilan GES désagrégé NIR

 

Royaume-Uni

Scotland

Bilan GES désagrégé NIR

 

Royaume-Uni

Wales

Bilan GES désagrégé NIR

 

Royaume-Uni

Wales

Bilan GES

 

Suède

Comté Kalmar

Bilan CO2

 

Suède

Comté Krönenberg

Bilan CO2

 

Suède

Région Västernordland

Bilan CO2

 

 

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