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2. Les observatoires et
inventaires régionaux de GES en Europe |
2.1. Les méthodologies générales
d’inventaire
2.1.1. Au niveau international
Deux méthodologies sont définies au niveau
international pour estimer les émissions nationales de gaz à effet de
serre : la méthodologie du GIEC et la méthodologie CORINAIR (cf Annexe 1
pour une présentation détaillée).
Le GIEC produit en effet des rapports
méthodologiques, qui décrivent les méthodes et les pratiques en matière
d’inventaire des émissions nationales de gaz à effet de serre, et qui
sont utilisés par les Parties à la CCNUCC pour établir leurs
communications nationales. Le premier document de ce type date de 1994
et a été revu en 1996. Il fait actuellement l’objet d’une autre révision
importante. Les nouvelles lignes directrices du GIEC pour les
inventaires nationaux de gaz à effet de serre seront disponibles fin
2006. Pour l’instant le document de référence demeure « Revised 1996 IPCC Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories » ou Lignes
directrices du GIEC révisées en 1996 pour les inventaires nationaux de
gaz à effet de serre.
L'autre méthodologie, nommée CORINAIR
(CORe INventory of AIR emissions in Europe ou inventaire de référence
des émissions atmosphériques en Europe) est issue d’un programme
européen. Il a été initié par la Commission des Communautés Européennes
puis repris par l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) et s’est
traduit par la mise au point d’une méthodologie européenne reconnue et
utilisée par un nombre important de pays.
Les deux systèmes suivent les mêmes
principes de base :
-
Couverture complète des émissions
anthropiques (CORINAIR considère également les émissions
naturelles),
-
Totaux annuels des émissions
nationales par catégories de sources,
-
Distinction claire entre émissions
liées à l’énergie et non liées à l’énergie,
-
Transparence et documentation complète
permettant la vérification détaillée des données d’activité et
facteurs d’émissions.
Un format normalisé est défini pour
présenter les résultats des émissions pour chaque système d’inventaire.
La nomenclature SNAP 97 (Selected
Nomenclature for Air Pollution ou nomenclature sélectionnée pour la
pollution atmosphérique) définie dans la méthodologie CORINAIR, se
divise en onze secteurs, eux-mêmes subdivisés en plusieurs catégories.
Tandis que la nomenclature CRF (Common
Reporting Format ou format de rapport commun) du GIEC n’en comporte que
sept. Le nombre de secteurs plus important pour SNAP s’explique
principalement par le fait que la première catégorie du CRF (combustion)
est subdivisée en six secteurs dans le format SNAP.
Ces méthodologies sont celles employées
par les pays pour réaliser leur inventaire mais les Etats sont néanmoins
invités à utiliser leurs propres adaptations méthodologiques si elles
sont conformes aux lignes directrices internationales mais permettent de
les affiner.
.1.2. Au niveau national
Chaque Etat membre de l’UE doit rendre son
NIR (National Inventory Report ou rapport national d’inventaire). Un
organisme est alors en charge de la réalisation du rapport. Souvent cet
organisme est un ministère, un institut de recherche ou l’agence
nationale de protection de l’environnement.
Pour la France, le CITEPA (Centre
Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique) a
été désigné comme organisme référent national par le Ministère de
l’Ecologie et du Développement Durable (MEDD). Le CITEPA a développé sa
propre méthodologie pour la réalisation de l’inventaire national. Elle
s’inspire des principes de CORINAIR. Le système mis en place est le
Système National d’Inventaires des Emissions de Polluants dans
l’Atmosphère (SNIEPA) dans le cadre du programme CORALIE (COordination
de la RéALisation des Inventaires d’Emissions) avec le concours
financier du MEDD.
Le système belge d’Etat fédéral, dit de «
dissociation » attribue une très grande autonomie à ses régions
constitutives (Bruxelles-Capitale, Flandre, Wallonie). Les régions sont
compétentes en termes de protection de l’environnement à quelques
compétences près qui sont gérées au niveau fédéral. La compilation des
inventaires de GES est une des responsabilités régionales. Chaque région
se donne les moyens nécessaires pour établir son propre inventaire
d'émissions en accord avec les lignes directrices internationales. En
Wallonie c’est la direction générale des ressources naturelles et de
l’environnement (DGRNE) qui réalise la partie wallonne de l’inventaire
fédéral. Les inventaires d'émissions des trois régions sont combinés
pour former le NIR requis par l'UE et la CCNUCC, un organisme
spécialisé, la cellule interrégionale de l’environnement (CELINE –IRCEL)
est alors en charge de l’agrégation au niveau national.
Cette année devrait être publié un rapport
sur le système national d’inventaire.
Dans certains pays c’est l’agence
nationale pour la protection de l’environnement qui est l’organisme
national référent : Allemagne, Autriche, Italie, Irlande.
En Espagne, Suède Portugal et Luxembourg,
les ministères de l’environnement et/ou du développement durable
réalisent le NIR.
Dans certains autres pays, c’est un
institut de recherches qui a été désigné comme au Danemark, en Grèce, en
Finlande (institut des statistiques) ou encore au Royaume-Uni (centre
national des technologies de l’environnement).
Ce qui est commun aux pays en général, est
la volonté de préciser les données recueillies. D’une part ils ont la
possibilité d’adapter les méthodologies internationales au niveau
national comme préconisé dans les lignes directrices internationales ;
d’autre part ils commanditent des études, recherches thèses sur des
sujets en lien avec le thème émissions de gaz à effet de serre, de
manière à refléter au mieux les caractéristiques du pays. Cette logique,
comme on le verra par la suite, se retrouve dans certains inventaires
régionaux.
1.1.3. Au niveau régional
A l'échelle régionale et en fonction du
but poursuivi, différentes méthodologies sont utilisées en s'inspirant
systématiquement des méthodologies internationales. Cependant elles le
sont avec plus ou moins d'adaptations, ce qui sera plus détaillé par la
suite (cf. grilles d'analyse par inventaire en Annexe 2). De plus pour
un approfondissement ou une meilleure compréhension, en Annexe 3, sont
présentés les principes généraux de calculs des émissions ainsi que les
différentes approches pouvant être utilisées lors de la réalisation d'un
inventaire.
Ce qu’il est important de préciser est que
pour réaliser un inventaire les organismes régionaux doivent composer
avec différents facteurs (disponibilité des données, participation des
acteurs régionaux, ressources financières, …) qui vont bien souvent
grandement influencer la manière dont sera réalisé l’inventaire.
1.2. Enquêtes
auprès des observatoires en Europe
Le point de départ de l’étude passe par le
recensement des initiatives dans les régions européennes, il ne se veut
pas exhaustif puisqu’il concerne en priorité les membres de la FEDARENE
desquels il semblait plus facile d’obtenir non seulement des
informations mais également des documents. Parfois les membres ont servi
d’intermédiaire, soit tout simplement en fournissant des informations ou
des contacts dans un autre organisme, soit en facilitant l’obtention de
documents qui n’auraient pas pu l’être sans leur intervention.
Les méthodes d’enquête
Les moyens employés pour la collecte
d’informations ont été les suivants :
-
Recherche de données sur Internet par
mots-clés, dans la langue du pays pour obtenir des informations de
base, et sur les sites des agences de l'énergie et/ou de
l'environnement et des organismes référents nationaux.
-
A partir des premières informations
recueillies et d’une réunion à l’APCEDE (Agence Poitou-Charentes
Energie Déchets Eau), rédaction d’une enquête diffusée à la majorité
des agences membres.
-
Rappels de l’étude en cours par
différents moyens :
-
dans le bulletin bimensuel diffusé
par la FEDARENE,
-
lors d’appels téléphoniques des
membres pour tout autre sujet, il leur a été fréquemment rappelé
d’envoyer des informations concernant l’étude.
-
Parallèlement : entretiens
téléphoniques, envoi de mails soit pour essayer d’obtenir des
informations, soit suite à la lecture des différents documents
envoyés (inventaires, extrait de méthodologies…), pour demander des
précisions ; recherches sur Internet.
De plus, diverses rencontres ont permis de
préciser les enquêtes et surtout de mieux cerner le sujet, surtout lors
du début de la mission. Ainsi la réunion à l’APCEDE, la réunion du RARE
(Réseau des Agences Régionales de l’Energie et de l’Environnement) à
laquelle nous avons été conviés, la réunion organisée en Wallonie à la
Direction Générale des Transports et de l’Energie ont permis de
rencontrer les différents interlocuteurs, ce qui a été particulièrement
utile pour mieux comprendre les enjeux et les problèmes rencontrés lors
de la mise en place ou du fonctionnement d’un observatoire régional.
Le tableau récapitulatif de la figure 4
ci-dessous dresse un état des lieux de ce qui a été obtenu.
|
|
A
partir uniquement du bilan énergétique |
Bilan énergétique et non énergétique |
|
CO2 |
Allemagne : tous les
Länder
France : Aquitaine,
La Réunion, Ile de France
Espagne: Asturias,
Castilla-La Mancha
Royaume-Uni :
Irlande du Nord (Carbon trust)
Suède : Comté de
Kalmar, Comté Krönenberg, Région Västernordland |
|
|
CO2 CH4 N2O |
Autriche : Salzburg
(Semikat)
France : PACA |
Italie : Lombardie,
Piémont, Toscane, Ligurie |
|
CO2 CH4 N2O PFC HFC SF6 |
|
Autriche : tous les
Länder,
Belgique : Wallonie,
Flandre, Bruxelles-Capitale
France : Bourgogne,
Midi-Pyrénées, Nord-Pas de Calais, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes
Espagne : Andalousie
Royaume-Uni : Pays
de Galles (NETCEN, Carbon Trust), Irlande du Nord, Ecosse (NETCEN),
régions anglaises (GRIP) |
|
Cas particuliers |
Bulgarie : Plovdiv,
évaluation du CO2 évité à l’issue des projets
Danemark :
inventaire pour le Grand Copenhague
Espagne : bilans
énergétiques sans calcul des GES
Finlande : problème
linguistique
Irlande : la taille
du pays ne nécessite pas la réalisation d’inventaires régionaux
Luxembourg :
la taille du pays ne
nécessite pas la réalisation d’inventaires régionaux, d’autant
que le NIR n’est pas fini
Roumanie : chaque
région semble avoir son propre inventaire mais les données sont
confidentielles
Suède : il devrait y
avoir d’autres inventaires mais problème linguistique |
Figure 4 : Tableau récapitulatif des
inventaires régionaux en Europe
Ce qui donne en termes de répartition
statistique, les graphiques de la figure 5 :

Figure 5 : Résultats des enquêtes
menées dans 105 régions européennes par type de bilans recueillis
Pour comprendre la figure 5, il faut
savoir que sur le graphique de gauche les « bilans désagrégés du NIR »
sont des inventaires auxquels des acteurs régionaux ont participé. Ce
sont des inventaires mixtes entre un inventaire désagrégé du NIR et un
inventaire entièrement réalisé par une région. On considère comme nuls
les bilans désagrégés du NIR pour lesquels les régions n’ont pas
participé.
Contrairement au graphique de droite où
les inventaires désagrégés du NIR sont comptés sous la catégorie du même
nom, indépendamment du fait qu’un organisme régional y ait participé ou
non. Ce graphique permet plutôt d’avoir un aperçu des données régionales
disponibles.
Quelques commentaires :
-
Le tableau de la figure 4 recense les
inventaires qu’ils soient réalisés dans une structure d’observatoire
ou pas. Ici on s’intéresse tout particulièrement à l’évaluation des
émissions, à leur comptabilité.
-
Certains inventaires vont être
actualisés : Toscane et Poitou-Charentes (fin 2006), Nord-Pas de
Calais. D’autres sont en phase de création : Ile de France pour les
GES, Abruzzes, Lorraine et La Réunion.
-
Les régions pour lesquelles on dispose
d’informations font en général partie de l’Europe des 15. Cela
s’explique par le fait que la grande majorité des membres de la
FEDARENE en sont issus et que pour les pays entrants, le rendu d'un
inventaire national est assez récent, donc des initiatives à
l'échelle régionale ne sont pas forcément déjà envisagées.
-
Les limites de l’enquête :
-
La définition de la région selon
les pays d’Europe,
-
Les problèmes de compréhension
linguistique,
-
Le manque de transfert
d’informations entre les différents acteurs régionaux et la
difficulté de trouver, au sein d’une région, le bon
interlocuteur,
-
Le manque d’intérêt au sein de
certaines régions pour le sujet de l’enquête,
-
La confidentialité des données, en
particulier lorsque les inventaires émanent d’organismes non
membres de la FEDARENE.
Le tableau de la figure 6 précise les
graphiques de la figure 5 en détaillant les résultats par pays.
|
Pays |
Enquêtés
|
Pas de bilan |
A priori pas
de bilan |
NIR
|
Désagrégé
NIR |
CO2
|
GES Complet |
|
Allemagne |
16 |
|
|
|
|
16 |
|
|
Autriche |
9 |
|
|
|
8 |
|
1 |
|
Belgique
|
3 |
|
|
|
|
|
3 |
|
Danemark
|
1 |
|
|
|
|
|
1 |
|
Espagne |
9 |
2 |
4 |
|
|
2 |
1 |
|
Finlande |
1 |
|
1 |
|
|
|
|
|
France |
26 |
2 |
16 |
|
|
2 |
6 |
|
Grèce |
1 |
1 |
|
|
|
|
|
|
Italie |
20 |
16 |
|
|
|
|
4 |
|
Irlande |
2 |
2 |
|
|
|
|
|
|
Luxembourg |
1 |
|
|
1 |
|
|
|
|
Portugal |
2 |
2 |
|
|
|
|
|
|
Roumanie |
8 |
|
|
|
8 |
|
8 |
|
Royaume Uni |
12 |
2 |
|
|
|
|
10 |
|
Suède |
3 |
|
|
|
|
3 |
|
|
TOTAL |
105 |
27 |
21 |
1 |
8 |
23 |
25 |
Figure 6 : répartition par pays et par
types des bilans recueillis dans les régions
Remarque : pour le Danemark et la
Roumanie, les chiffres soulignés signifient qu’il y a des inventaires
mais que pour diverses raisons, il n’a pas été possible d’obtenir les
documents.
Premiers éléments d’analyse
(principalement à partir de la figure 6) :
Pas de bilans
Dans ce tableau, comme sur le graphique de
gauche de la figure 5, les bilans désagrégés du NIR auxquels des
organismes n’ont pas participé sont comptés comme nuls. De plus dans
cette catégorie, ne sont répertoriées que les régions pour lesquelles un
ou plusieurs organismes a certifié que la région ne disposait pas
d’inventaire ou d’observatoire de gaz à effet de serre.
Les pays comme l’Irlande et le Luxembourg
sont trop petits pour que l’échelon régional soit significatif. De la
même façon, on peut comprendre qu’un pays comme la Finlande voit moins
la nécessité d’un observatoire régional quand on sait que sa population
totale s’élève à 5.2 millions d’habitants alors que la population de
certaines régions est largement supérieure à ce chiffre : Northwest (UK),
6.7 M ; Andalousie (E), 7.2 M ; Lombardie (I), 8.9 M.
Au vu des résultats, on peut supposer que
cette catégorie aurait certainement une part plus importante si l’on
menait une enquête exhaustive.
A priori pas de bilans
Dans cette catégorie sont listées les
régions où soit comme la France, l’enquête n’a pas été menée réellement
mais aux dires des acteurs des autres régions, il n’y a pas
d’observatoire. L’étude en effet ne recherchait pas l’exhaustivité mais
la diversité de régions. Les autres régions françaises non-membres de la
FEDARENE n’ont donc pas été directement enquêtées mais des informations
ont été recueillies lors des entretiens avec les différents acteurs
français ainsi que sur Internet, ce qui permet de supposer qu’il n’y a
pas d’observatoires dans ces régions. A la nuance près que l’Ile de
France devrait préparer son inventaire de GES et La Réunion, un bilan
CO2. De plus ces résultats sont à considérer avec précaution puisqu’ils
prennent en compte certaines hypothèses, à savoir que l’on considère
comme ne disposant pas d’inventaires (« a priori pas de bilans ») des
régions dans lesquelles par exemple en France pour l’Alsace, le Centre
et l’Ile de France, des associations de surveillance de la qualité de
l’air ont réalisé un cadastre des émissions. Cependant ces associations
n’ont pas la même logique de réalisation puisqu’elles s’appuient sur des
concentrations de polluants dans l’atmosphère. Ces associations ne
mettent pas en place d’observatoire puisqu’elles n’ont pas pour vocation
d’agir concrètement mais ont uniquement un rôle de surveillance.
En ce qui concerne l’Espagne, on suppose
qu’il n’y a pas de bilans puisque soit l’enquête est restée sans
réponse, soit les interlocuteurs ont envoyé le lien de l’inventaire
national réalisé par le ministère national de l’environnement.
NIR
Seul le Luxembourg appartient à cette
catégorie. En effet vu la taille du pays (2 586 km²) et la population
(455 000 habitants en 2005), il n’apparaît pas nécessaire de mettre en
place un observatoire à l’échelle infranationale.
Désagrégés du NIR
Tous les bilans autrichiens sont des
bilans de GES désagrégés du NIR mais avec l’intervention d’experts
régionaux, c’est pourquoi ils appartiennent à une catégorie différente.
Pour la Roumanie, les informations sur les
bilans régionaux sont insuffisantes. Seules des suppositions ont été
faites d’où les chiffres en orange dans le tableau de la figure 6.
Bilan CO2
Les bilans CO2 sont majoritairement les
bilans des régions allemandes. En effet toutes les régions allemandes
réalisent leur bilan CO2. On peut supposer que pour la Suède, toutes les
régions disposent d’un bilan CO2 malgré le fait que l’enquête n’en ait
révélé que trois. Ceci étant dû à un problème linguistique. Deux régions
françaises réalisent uniquement un bilan CO2 (Aquitaine et Ile de
France).
Pour les régions espagnoles, les bilans
CO2 sont réalisés au sein des bilans énergétiques, tout comme dans les
régions suédoises.
Les inventaires d’émission de CO2 sont
calculés à partir des consommations énergétiques de combustibles
fossiles auxquels sont affectés des coefficients. Ces coefficients
permettent de déterminer le contenu en CO2 par unité de combustible
utilisé.
Il est relativement aisé de convertir un
bilan énergétique en bilan CO2 puisque les calculs sont relativement
simples, les données disponibles. D’autant que les régions ont
fréquemment à disposition un bilan énergétique (par exemple toutes les
régions d’Espagne). Pour réaliser un inventaire complet des émissions de
GES, doivent être prises en compte des sources diffuses (sols agricoles,
effluents d’élevage, climatisation, réfrigération…) pour lesquelles les
données sont difficiles à obtenir et pas forcément fiables.
La quantité de travail à fournir pour
réaliser un inventaire des émissions de GES est très supérieure à celle
nécessaire pour un bilan CO2. Ce qui constitue l’une des principales
raisons pour expliquer le fait que les régions dispose d’un bilan CO2 et
non d’un inventaire complet des GES.
Cependant, le fait de ne réaliser qu’un
bilan CO2 se justifie lorsqu’on s’intéresse à la part des émissions
énergétiques dans le total des émissions de gaz à effet de serre. En
France, en 2004 les émissions de GES d’origine énergétique représentent
78% du total, les 22% restants étant dus à l’agriculture et au
traitement des déchets. Sachant que ces émissions énergétiques sont
liées à l’utilisation d’énergies fossiles et que la majeure partie
d’entre elles sont des émissions de CO2 (59% des émissions en France en
2004 sont des émissions de CO2 issu de combustibles fossiles, cf figure
7).
Si la part des émissions énergétiques dans
le bilan n’est pas toujours aussi élevée, la fourchette oscille environ
entre 60 et 80%.

Source : CITEPA 2005
Figure 7 : répartition des émissions
par type de gaz pour la France en 2004
Bilans GES
Les pays dans
lesquels le plus d’initiatives sont recensées sont : Belgique, France,
Italie et Royaume-Uni.
-
Pour la Belgique, toutes les régions
réalisent un inventaire de GES, de même pour l’Angleterre. Le Pays de
Galles a également un inventaire GES contrairement à l’Ecosse et
l’Irlande du Nord et il faut noter qu’un programme structure la
réalisation des inventaires régionaux de l’Angleterre.
-
Le bilan
autrichien de cette catégorie est le bilan de Salzburg, qui non
seulement dispose du même type de bilan que les autres régions
autrichiennes mais a également à son actif un bilan GES des émissions
d’origine énergétiques entièrement réalisé par des acteurs régionaux (le SEMIKAT, der Salzburger Energie-und Emissionskatatster ou cadastre des
émissions et de l’énergie de Salzburg).
-
En Italie, quatre régions
ont réalisé un inventaire des émissions de gaz à effet de serre dont la
Lombardie. Le Piémont s’est d’ailleurs inspiré de cette initiative pour
réaliser son propre inventaire. Il semblerait d’ailleurs que l’un des
objectifs de la Lombardie soit d’être le moteur des initiatives
d’évaluation des émissions en Italie. (Projet Kyoto de la Lombardie : «
Les données et les méthodologies proposées [par INEMAR, le programme
lombard d’inventaire] seront utiles aux autres régions ou organismes
publics et privés intéressées à la quantification des émissions de GES
»).
-
En France, six régions (bientôt sept) disposent d’un bilan des
émissions de gaz à effet de serre réalisés par des acteurs différents et
non harmonisés.
-
L’Andalousie est la seule région d’Espagne pour
laquelle un inventaire a été mis à notre disposition, toutefois il
semblerait que ce ne soit pas la seule région espagnole à avoir réalisé
ce type de bilan.
Globalement, on constate qu’un tiers des 105
régions enquêtées a réalisé un inventaire GES, un cinquième un bilan CO2
et presque la moitié des régions (45%) n’ont ni l’un, ni l’autre et
n’ont donc pas d’observatoire d’émissions de GES.
Ces premières
constatations préfigurent les différences que l’on va pouvoir recenser
entre les régions sur la manière d’aborder l’évaluation des émissions.
Pour comprendre ces disparités entre pays mais aussi au sein des
régions, plusieurs raisons peuvent être invoquées qui seront développées
ci-dessous et permettront non seulement d’expliquer la présence ou
l’absence d’un observatoire mais aussi les différences relevées au sein
des observatoires.
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