Etude sur l'observation

des gaz à effet de serre


 

3. Structure des inventaires recensés

 

3.1. Contexte général cadre de la mise en place des observatoires

 

La structure des inventaires est fortement corrélée à des facteurs de différents types puisqu’il n’existe pas d’obligations légales régionales qui imposent la réalisation d’un inventaire à ce niveau. Au vu des différents documents recueillis, les facteurs qui vont déterminer la structure de l’inventaire sont en général :

  • les disparités géographiques régionales

  • le type d’organisation territoriale du pays et l’importance de l’échelon régional

  • la transposition du plan climat national à l’échelle régionale

3.1.1. Les disparités géographiques :

 

Il est évident que même au sein des pays, il existe de grandes disparités géographiques, particulièrement pour les pays ayant une vaste superficie (Allemagne, France, Italie, Espagne…) ainsi que de grandes disparités économiques en fonction de l’industrialisation de la région, de la part de l’agriculture, de la présence ou non de grands centres urbains… Ces différences se traduisent par des profils d’émissions différents en fonction des régions notamment en ce qui concerne le ratio émissions énergétiques, émissions non énergétiques.

Pour illustrer cela, les graphiques de la figure 8 présentent les différences de profil d’émissions au sein de trois régions françaises qui peuvent de plus être comparés à la situation nationale en figure 7.

 

Pour les deux régions plus agricoles (Bourgogne et Midi-Pyrénées), la part des émissions non énergétiques est largement supérieure à celle de la région Rhône-Alpes. Si l’on additionne la part de CH4 et N2O qui correspondent presque exclusivement à des émissions non énergétiques[1] (agriculture et décharges), elle représente 16% pour Rhône-Alpes et respectivement 35% et 37% pour Bourgogne et Midi-Pyrénées.

Rhône-Alpes, de par son industrie importante, ses grandes villes (Lyon, Grenoble), sa position géographique qui en fait un axe routier majeur, montre un profil d’émissions dans lequel les émissions d’origine énergétique représentent plus de 75% du total.

 

Ceci peut être une des raisons qui explique les différences entre les observatoires régionaux. Non seulement les gaz pris en compte sont susceptibles de différer en fonction du contexte, mais également la manière de les évaluer. On comprendra aisément, au vu de la part des différents secteurs dans le bilan global, que les régions cherchent à approfondir leurs connaissances sur les secteurs les plus émetteurs, caractéristiques de la région.

Pour revenir à l’exemple des trois régions françaises. Les agences régionales de Bourgogne et Midi-Pyrénées ont mené des études complémentaires sur les émissions non énergétiques et pas l’agence de Rhône-Alpes ; la Bourgogne en faisant appel à un panel d’experts régionaux pour valider les méthodologies d’évaluation des gaz à effet de serre d’origine non énergétique et Midi-Pyrénées en confiant l’évaluation des émissions de CH4 à une association spécialisée en énergie, environnement et agriculture.

 

Rhône-Alpes

Superficie : 43 698 km²

Habitants : 5 767 242

Région très industrialisée, carrefour international donc secteur des transports important

  • 2ème région française, après l'Ile-de-France, économie très diversifiée.

  • Activité industrielle plus importante par rapport au niveau national, 1ère région française pour la production de biens intermédiaires en particulier dans la métallurgie, chimie, plasturgie, composants électriques. Filière mécanique fortement représentée : construction automobile, équipement professionnel, chaudronnerie et industrie de l'armement. Grands groupes pharmaceutiques (Lyon).

  • Part relative de l'agriculture inférieure par rapport au niveau national.

  • Carrefour international, tourisme blanc et vert.

Bourgogne

Superficie : 31 582 km² 

Habitants : 1 608 447

Région agricole avec un passé industriel

  • Agriculture bourguignonne dynamique, importante et très spécialisée : céréales, oléagineux, élevage bovin, viticulture.

  • L’industrie (charbon, sidérurgie, mines) connaît un nouvel essor après 1945, mais en crise.

  • Le nord de la région, pauvre en grandes entreprises, a profité de l'installation d'industries moins lourdes, plus diversifiées et moins vulnérables : parachimie, industrie pharmaceutique, électronique, plasturgie, papeterie, industries mécaniques et automobiles, agroalimentaire.

Midi-Pyrénées

Superficie : 45 348 km²

Habitants : 2 687 000

Région très agricole avec une industrie de pointe

  • Forte tradition rurale, 1ère région de France pour la part d’actifs agricoles.

  • L’agro-alimentaire conserve un poids important.

  • Faiblesse de l’industrie, en dehors de quelques pôles sectoriels jusqu’au début des années 80. Depuis, l’industrie transformée sous l’impulsion des activités de pointe : secteur aéronautique et spatial.

  • Croissance du tertiaire.

Figure 8 : Comparaison des profils d’émissions et des caractéristiques de trois régions françaises : Rhône-Alpes, Bourgogne et Midi-Pyrénées

 

3.1.2. Le type d’organisation territoriale du pays et l’importance de l’échelon régional

 

Il est intéressant de noter que le statut du niveau régional dans le pays influence fortement les probabilités de disposer d’un inventaire des émissions de GES à ce niveau. Ainsi dans les pays où les régions ont les prérogatives d’un Etat comme l’Autriche et le Royaume-Uni, deux types d’inventaires sont réalisés par l’organisme référent : un inventaire national (le NIR) et un inventaire désagrégé au niveau régional à partir du NIR.

 

Dans le cas de la Belgique, ce sont les trois régions qui réalisent la partie du NIR les concernant. Un organisme agrège les trois inventaires régionaux au niveau fédéral. Ainsi le système fédéral belge influence beaucoup la réalisation des inventaires puisqu’en accordant ce type de compétences aux régions, alors chacune d’entre elles réalise son inventaire GES annuellement selon les lignes directrices internationales. D’autant que les régions belges ont décidé que l’objectif national de réduction des émissions de gaz à effet de serre s’appliquait à chacune des régions de la même manière sans nouveau partage des charges intra national.

 

Les régions ayant une grande autonomie politique et administrative (Espagne, Italie) et celle des pays encore relativement centralisés (France) disposent fréquemment d’un inventaire ou sont en cours de réalisation, cependant de grandes disparités régionales existent.

Par contre pour les pays dans lesquels l’échelon régional n’est pas développé ou que depuis très récemment, il est très rare de trouver des documents qui correspondent au domaine d’étude (Finlande, Irlande, Suède). En effet, le découpage en régions représente une nouvelle organisation du territoire. Il est principalement dû à la demande de l’Union européenne de disposer d’une entité correspondant à un niveau NUTS 2[2] pour l’attribution de fonds structurels. Ce type de région a été défini de la sorte en Finlande, en Suède, en Irlande, etc, alors que le niveau traditionnel sous l'Etat était plutôt le comté.

 

De plus, comme vu précédemment certains pays ne sont pas assez vastes ou pas assez peuplés pour que la création d’un observatoire régional des émissions de gaz à effet de serre leur apparaisse comme une nécessité.

 _Exemples d’inventaires régionaux issus de la désagrégation de l’inventaire national :_

Royaume-Uni : L’organisme référent au niveau national (NETCEN) produit également un rapport d’inventaire où sont individualisés les bilans pour l’Angleterre dans son ensemble, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Dans la compilation des inventaires de GES pour les territoires constitutifs du Royaume-Uni, quand il a été possible, la même méthodologie que celle de l’inventaire national a été employée pour calculer les émissions. Cependant, pour plusieurs sources d’émissions, les données disponibles sont moins détaillées que pour le Royaume-Uni dans son entier, et pour quelques sources au niveau local les données ne sont pas disponibles du tout.

 

Pour les autres secteurs clés, (tels que procédés industriels, agriculture, changement d’affectation des terres et foresterie, déchets) il existe des ensembles de données plus fiables et plus complets au niveau régional, bien que certaines d’entre elles soient moins détaillées que celles utilisées pour l’inventaire du Royaume - Uni.

Comme conséquence à ces problèmes de disponibilité de données, il faut noter que les estimations d’émissions pour l'inventaire d'Angleterre, Irlande du Nord, Pays de Galles et Ecosse sont sujettes à de plus grandes incertitudes que les estimations d’émissions équivalentes pour le Royaume-Uni.

 

Certaines émissions ne pouvant être attribuées aux différentes régions, elles sont alors reportées dans une catégorie « non attribués » ce qui entraîne des sous-estimations dans le bilan. Ces sources d’émissions sont : aviation, aviation militaire, naval, gaz et pétrole off-shore, marine marchande.

 

France : sur le site du CITEPA, une désagrégation départementale et régionale est proposée. Des tableaux et graphiques permettent de visualiser les émissions par région.

 

Italie : sur le site du Centre Thématique National Atmosphère, Climat, Emissions (CTN-ACE), une désagrégation spatiale de l’inventaire national est présentée par province et par région pour les années 1990, 1995 et 2000. Le rapport relatant les méthodes et paramètres utilisés est disponible sur le site ainsi qu’un module qui permet de filtrer les données par année, par région et par substance émise, ainsi que par année, par secteur d’activité SNAP et par province.

 

Autriche : De la même façon, l’Umweltbundesamt, centre référent national, produit un inventaire désagrégé pour tous les Länder : Bundesländer Luftschadstoff-Inventur (BLI) ou Inventaire des polluants atmosphériques dans les Bundesländer. Cet inventaire procède d’une double méthode, d’une part une désagrégation mais d’autre part également utilisation de données régionales lorsqu’elles sont aisément calculables à ce niveau. Les experts fédéraux et régionaux travaillent en effet ensemble pour trouver des règles de désagrégation des données nationales au niveau régional. Les possibilités de désagrégation dépendent la plupart du temps du niveau de détail de la base de données.

 

Comme les émissions des Bundesländer ne résultent pas d’un calcul par une approche bottom-up (cf Annexe 3, §2) la plupart du temps, mais sont indirectement calculées à partir d’une clé de désagrégation, cela peut conduire, en fonction de la méthode utilisée, à de plus ou moins grands écarts par rapport aux résultats de l'inventaire fédéral.

 

Toutefois des contrôles par les acteurs régionaux lors de la réalisation du bilan, permettent d’ajuster les résultats à leur expérience et leurs données. Il est assez courant de proposer une étude pour obtenir de meilleurs résultats. Par exemple dans le secteur des transports, une étude a été menée pour évaluer la part du « tourisme de réservoir »[3] dans la consommation nationale de carburants. Le prochain BLI comprendra également la part du « tourisme de réservoir » pour chaque Land.

 

Conclusions

  • ces inventaires fournissent une première approximation en permettant d’avoir des données régionalisées,

  • mais un des problèmes majeurs de cette désagrégation du national au régional, avec le degré de précision des résultats, vient du fait que les régions ne s’impliquent pas toutes directement dans la réalisation et donc la prise de conscience est limitée sur la thématique « changement climatique », ce qui risque de compromettre la mise en place de mesures de réductions des émissions au niveau régional.

3.1.3. La transposition du plan climat national à l’échelle régionale

 

Au niveau régional, des organisations (conseils régionaux, ministères régionaux, agences régionales et locales de l’énergie et de l’environnement…) disposent de fonds, de moyens de diffusion et/ou d’actions et d’une connaissance approfondie des acteurs et des caractéristiques de leur territoire qui leur permettent de mener des actions environnementales. Avant de définir un plan d’action, il semble préférable d’avoir au préalable un état des lieux de la situation initiale qui permette d’avoir un aperçu correct de la situation régionale, des aspects qui sont susceptibles d’être améliorés, d’avoir une base d’évaluation. En l’occurrence l’état des lieux est ici l’inventaire des émissions de GES.

 

La présence d'un cadrage national pour le développement de ces inventaires peut permettre de coordonner les actions entreprises tout en laissant aux régions le soin de réaliser concrètement cet outil. Certains inventaires régionaux sont effectivement réalisés dans le cadre d’un plan national ce qui entraîne une harmonisation au moins partielle des méthodologies de réalisation. Pour les pays dans lesquels nous disposons de plusieurs inventaires, il est intéressant de regarder si un programme national en structure la réalisation.

 

_Exemples de Plans nationaux incitatifs : la France et l’Italie

 

En Italie : Piani Regionali di Risanamento e Tutela della qualità dell'aria

 

La première phase préconisée pour la réalisation du plan d'amélioration et de protection de la qualité de l'air est d’effectuer au préalable un inventaire des émissions (phase connaissance). Le plan régional définit les critères et la méthodologie générale pour le recensement des émissions des polluants atmosphériques au niveau provincial, cependant il ne comprend pas explicitement l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi certaines régions disposent d’inventaires d’émissions atmosphériques qui ne prennent pas en compte les GES. Parallèlement, cette loi régionale attribue aux provinces la compétence en termes de rédaction et de mise à jour des inventaires provinciaux des émissions dans l'atmosphère.

 

En France : "Plan Climat 2004" [4] et plans territoriaux

 

Il s’agit de définir des objectifs et de mettre en œuvre des actions au niveau d’une région, d’un département ou d’une agglomération.

 

Les Plans Climats territoriaux souhaités par le Plan climat 2004 sont censés "constituer l’action la plus représentative et la plus structurante proposée aux collectivités. Ils offriront un cadre aux différents niveaux de territoire (régions, départements, parcs naturels, communes et leurs regroupements, etc.) pour réaliser des actions visant à améliorer l’efficacité énergétique et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Ces actions permettront de connaître les émissions du territoire et ses tendances d’évolution, de définir une stratégie avec l’ensemble des acteurs, de fixer des objectifs et des indicateurs de suivi pour l’évaluation, et de mettre en oeuvre les différentes actions de façon cohérente et justifiée" .

L'objectif visé dans le Plan Climat 2004 est que l'ensemble des régions démarre la réalisation d’un outil de recensement fiable des émissions de gaz à effet de serre d’ici à la fin 2006, ce qui ne sera pas atteint à la fin de cette année, même si effectivement une majorité de régions est engagée dans cette démarche.

 

Un guide méthodologique est diffusé par l'ADEME "un Plan Climat à l'échelle de mon territoire" il peut s'avérer très utile lors de la phase de réflexion en proposant toutes les actions sur lesquelles se focaliser et tous les moyens à mettre en œuvre. Cependant il est destiné à un échelon infrarégional.

 

Exemple de plan climat territorial: PRELUDDE (Programme REgional pour la LUtte contre l'effet de serre et pour un Développement DurablE) qui a permis la création de l'observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre en Midi-Pyrénées (OREMIP).

 

Conclusions

  • tous les pays ont élaboré un plan climat national mais il ne se traduit pas forcément à l’échelle régionale. De plus il faut noter que le plan climat est un document d’objectifs mais non contraignant,

  • les lignes directrices pour les inventaires locaux en Italie représentent une première démarche incitative,

  • le cadrage national (Plans Climats) est certes défini, mais nécessité à présent d'une application concrète pour parvenir non à une harmonisation qui n’est pas forcément le but poursuivi mais à l’intégration du thème « changement climatique » dans les programmes régionaux.

_Exemple de programme national qui cadre la réalisation des inventaires régionaux

 

En Angleterre : Projet GRIP (Greenhouse gas Regional Inventory Project ou Projet d’inventaires régionaux de gaz à effet de serre)

Ce projet est un programme se déroulant à l’échelle nationale (Angleterre) et réalisé entre autres par le Tyndall Center (Centre national de recherches sur le climat) et l’Environment Agency (agence de l’environnement), donc par des organismes nationaux.

 

L’origine de ce projet repose sur la constatation que certaines régions ont mené des travaux sur les émissions de GES mais très peu ont pris en compte les six GES. Plusieurs types d’acteurs réalisent ces inventaires, ce qui a fait ressortir des différences en termes de calculs et d’approches utilisés. Par exemple, des régions ont sensiblement modifié leurs limites géographiques pour exclure des sources d’émissions et d’autres se sont basées sur différents points de vue pour attribuer les émissions de la production d’électricité, soit au point de localisation de la centrale électrique (source), soit au point de consommation de l’électricité (consommateur final). Certaines approches utilisent des données détaillées, tandis que d’autres emploient simplement une approche top-down pour réaliser l’inventaire. Ces incohérences sont amplifiées par la disparité en termes d'accessibilité aux données.

 

Le résultat de cette différence d’approches est d’une part le manque de fiabilité de ces inventaires, d’autre part la difficulté de comparaisons interrégionales, annuelles…
De manière à minimiser ces incertitudes, le programme GRIP a alors permis de développer une méthodologie cohérente avec trois niveaux de données proposant un calcul fiable des incertitudes possibles à chaque niveau. GRIP utilise une approche similaire à celle de l’inventaire national, en tenant également compte des lignes directrices du GIEC régissant la compilation des inventaires à une échelle nationale et s’inspire également des méthodes relevées au Royaume-Uni et à l’étranger.

 

Le Northwest (une région d’Angleterre) a été la région d’étude pour le programme GRIP en 2000 ce qui a permis de définir :

Une méthodologie pour le calcul des émissions à l’échelle régionale :

  • Un inventaire des émissions de GES pour l’année 2000,

  • Un outil pour évaluer les émissions associées aux futurs systèmes énergétiques potentiels,

  • Quatre scénarios pour les décideurs profilant les potentiels futurs énergétiques pour 2050.

La méthodologie définie pour cette région est tout à fait transposable à d’autres régions et a été mise en place dans le but de mener les évaluations dans toutes les régions anglaises sur la même base.

 

Le programme fournit donc à la fois une méthodologie d’inventaire commune à toutes les régions britanniques et un format d’inventaire commun pour des facilités de comparaison. C’est en outre un programme gratuit, alternatif aux bureaux d'études qui demandent une rémunération pour ce genre de travail. Aux dires du chef de projet, en utilisant l’approche GRIP, les régions peuvent elles-mêmes suivre leurs émissions, estimer l’efficacité des politiques de réduction et avoir un aperçu de la gestion des émissions.

 

Conclusions

  • Seul programme « national » qui coordonne les actions régionales,

  • Proposition d’interface informatique ludique,

  • Programme qui permet la réalisation d'un inventaire régional par un organisme régional lui-même et la visualisation des progrès effectués ou potentiellement réalisables grâce à l'outil informatique.

_La singularité de la Belgique

 

La Belgique constitue un cas particulier de par son statut et fonctionne alors de manière inverse aux autres pays européens. En effet, chaque région est responsable de la partie du NIR lui correspondant ce qui amène des adaptations particulières pour tenter d’harmoniser les trois inventaires, agrégés ensuite par un organisme pour constituer le bilan fédéral.

 

En Belgique : Inventaires destinés au NIR

 

Au cours des dernières années, les régions ont fait des efforts importants pour harmoniser leurs méthodologies autant que possible et notamment pour les secteur-clés et pour le gaz le plus important en quantité, le CO2. Des incohérences entre les méthodologies dans les trois régions subsistent et ne seront pas de toute façon, changées dans le futur, de manière à garder la constance temporelle avec les années de référence au sein des régions. C'est en particulier le cas des facteurs d'émissions de CH4 et de N2O dans les industries manufacturières et de construction et dans le secteur "autre" où différentes sources de facteurs d’émissions demeurent employées (IPCC, CITEPA et EMEP/CORINAIR).

 

Les gaz fluorés constituent une exception pour ces inventaires puisqu'ils sont évalués au niveau national ainsi que pour chacune des trois régions, avec une approche simple et harmonisée par un organisme indépendant.

 

Contrairement aux autres secteurs les émissions de CO2 du trafic routier ne sont pas calculées comme la somme des émissions des trois régions, mais sur la base des statistiques nationales (carburants vendus sur le territoire belge) et à l'aide des facteurs IPCC par défaut.

 

 

Conclusions

  • Ces bilans qui pourraient sembler être le modèle d'inventaires avec une approche bottom-up finalement n'apportent pas vraiment d'aide dans le sens où pour les secteurs "critiques" comme le transport par exemple, les émissions sont calculées à partir du bilan des ventes de carburants au niveau fédéral,

  • Par contre, il est ici évident que les méthodes de réalisation de l’inventaire sont fortement conditionnées par le fait que les inventaires régionaux servent à la réalisation du NIR, ce qui en fait certainement les inventaires les plus détaillés et précis à l’échelon régional.

Ces différents exemples servent à montrer que le niveau national exerce une influence plus ou moins forte sur les régions et sur les politiques qu’elles mettent en œuvre. D’autant que le niveau national peut encourager voire obliger les régions à œuvrer pour satisfaire aux objectifs Kyoto.

 

3.2. Coopération entre organismes pour la réalisation d’inventaires régionaux

 

Un inventaire procède d’une récolte de données mais aussi d’informations, afin de décider de l’organisation, de la méthode, des gaz à évaluer, de la manière de récolter les données… Ainsi se dessine un besoin d’échange d’expérience, qui est à l’origine de coopérations entre organismes et de créations d’organisations dédiées à la réalisation d’inventaire. De plus comme on le verra tout du long, l’implication du maximum d’acteurs et la diversité de ces acteurs permet une prise de conscience susceptible d’améliorer les comportements, les modes de consommation et de production à l’échelon local.

 

En France : Réseau RARE

Ce réseau permet un échange d’expérience, entre autres en termes d’inventaires d’émissions de GES, et incite ses membres à mettre en place des observatoires. A la suite de réunions, des cahiers techniques ont été réalisés et sont disponibles en ligne. Ils ont vocation d’aide et d’information et sont destinés aux acteurs intéressés par la mise en place d’un observatoire de GES. Les Cahiers techniques sont effectivement co-rédigés sur la base de l'expérience des participants et proposent un tronc commun à la réalisation d'inventaire.

 

Ces cahiers techniques proposent des outils et une méthodologie pour la réalisation d'inventaire :

  • Cahier Technique n°2 : bilan des émissions de GES liées à l'énergie (janvier 2003),

  • Cahier Technique n°5 : bilan des émissions de GES non énergétiques (à paraître).

L'examen des inventaires des régions membres du RARE (Nord-Pas de Calais, Haute-Normandie, Ile de France, Lorraine, Poitou-Charentes, Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Corse) ne montre pas forcément une harmonisation des méthodes mais le but est plus d’aider chacun des membres à bâtir son inventaire en s’inspirant parfois des méthodes des autres pour faciliter et améliorer le travail.

 

En Allemagne : Länderarbeitkreis Energiebilanzen (groupe de travail des Länder sur les bilans d’énergie)

 

Les ministères régionaux compétents pour l'énergie appartiennent au groupe de travail « bilans d'énergie des Länder ». Ce sont habituellement, les ministères de l'économie ou de l’environnement, ainsi que les centres statistiques des Länder, si ceux-ci prennent part à l'élaboration du bilan énergie pour le Land. La tâche principale du groupe de travail sur les bilans énergie est la coordination de la construction des bilans dans les Länder. Depuis 1995, l'élaboration des bilans résulte d’une méthodologie communément définie. Le groupe de travail s'est efforcé de tenir compte des nouveaux enjeux énergétiques en intégrant dans les bilans par exemple, les énergies renouvelables, puis en 1998 en évaluant les émissions de CO2 relatives à l’énergie pour les Länder. Un résumé des méthodologies utilisées pour réaliser les bilans énergétiques et d’émissions de CO2 est disponible en ligne ainsi que les résultats pour chaque Land.

 

Un autre groupe de travail constitué des agences statistiques des Länder : « Arbeitsgruppe Umweltökonomische Gesamtrechnungen der Länder » (groupe de travail « comptabilité économique et environnementale » des Länder) a récemment travaillé sur les émissions de CH4 et N2O mais les premiers résultats disponibles ne sont pour l’instant pas en ligne. Les inventaires des Länder comprendront bientôt également les autres GES.

 

Coopération Allemagne, Autriche, Suisse pour un manuel des facteurs d’émissions du transport

 

Les facteurs d’émissions sont déterminés pour toutes les catégories courantes de véhicules (voitures particulières, utilitaires, poids lourds, deux-roues) chacune divisée en différentes catégories pour un large panel de situations de trafics. Les facteurs d’émissions sont disponibles pour l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse et sont adaptés au contexte des trois pays (type de flotte, législation…). Ce manuel des facteurs d’émissions pour le transport routier est réalisé par une entreprise suisse qui met en ligne la base de données pour le calcul des émissions [5].

 

En Autriche : groupe de travail entre experts nationaux et régionaux

 

Pour réaliser l’inventaire BLI, les experts fédéraux et régionaux se réunissent pour établir des règles de désagrégation. Ce procédé est intéressant d’un point de vue financier puisque ceci est comparativement moins cher pour les régions. La majeure partie du travail est en effet réalisée lors de l’élaboration des bilans fédéraux, seule la désagrégation reste à faire. L’intérêt de ce mode de fonctionnement comparé aux autres pays pour lesquels une désagrégation du NIR est réalisée, est le fait que régions soient impliquées puisqu’en effet, la récolte de données permet de développer un réseau de contacts, de mener une première campagne de sensibilisation en présentant aux différents interlocuteurs ce qui est un des buts d’un observatoire.

 

En Italie : le centre thématique national – air, climat, émissions, activités de recherches pour la protection de l’environnement) est un groupe de travail créé par l’APAT (agence pour la protection de l’environnement), réunissant certaines agences régionales pour la protection de l’environnement (ARPA) et plusieurs instituts de recherches. Ce groupe de travail depuis sa fondation travaille à produire des rapports techniques, des lignes directrices et des guides techniques sur divers sujets liés à la qualité de l’air.

 

Un site Internet présente les activités du groupe avec trois volets principaux : lignes directrices pour les inventaires locaux, manuels de facteurs d’émissions, désagrégation provinciale des inventaires nationaux. L’objectif de ce site est de fournir un instrument opérationnel pour compiler un inventaire local, en rendant plus accessible les contenus des publications de l’APAT et du CTN_ACE et les normes récentes.

 

Le site propose des définitions, la présentation des aspects législatifs, les finalités d’un inventaire et fournit des lignes directrices pour réaliser un inventaire à l’échelle locale et un état des lieux de la situation italienne.

 

Les lignes directrices pour la réalisation d’un inventaire des émissions atmosphériques locales font suite à un rapport technique en 2000 qui a évalué la mise en place des plans régionaux dont le résumé des conclusions est le suivant : certaines régions, particulièrement celles du centre-nord ont réalisé des inventaires se référant à la méthodologie CORINAIR mais utilisant pourtant diverses classifications des activités (SNAP 90, 94, 97). Les régions n'ont pas toujours utilisé cette méthodologie, elles ont souvent seulement réalisé un recensement des entreprises qui ont demandé des autorisations dans le cadre d’une loi italienne sur la qualité de l'air.

 

Les méthodologies utilisées n'apparaissent cependant pas homogènes, les résultats ne sont pas facilement comparables :

  • les secteurs d'activité examinés sont particulièrement ceux de l'industrie et rarement les transports et l’agriculture

  • dans aucun cas, un programme précis de mise à jour n'a été défini

  • pour le choix des polluants suivis, les polluants traditionnels (NOx, SOx, NH3, CO, COVNM…) prédominent mais diffèrent selon les régions.

A la suite de ce rapport, il est ressorti la nécessité d'éditer des lignes directrices pour la réalisation d'inventaires locaux capables d’harmoniser les procédures.

Ces lignes directrices sont désormais disponibles mais elles ne préconisent pas explicitement l'évaluation des GES, il est simplement dit qu'« étant donné le rôle important que peuvent jouer les collectivités locales dans la lutte contre le changement climatique, il est « néanmoins » conseillé de quantifier les émissions de CO2 ». Toutefois elles proposent une méthodologie commune (en incluant l'évaluation des GES), de manière à ce que les régions disposent d'un outil d’aide à la mise en place un observatoire, même si dans les faits, toutes les provinces et régions italiennes n'ont pas encore démarré une réflexion sur ce sujet.

 

De plus le site propose des tableaux récapitulatifs de ce qui a été déjà réalisé dans les régions et provinces italiennes où l’on peut identifier les régions qui disposent d’un inventaire de gaz à effet de serre. Puis il recense les sites web régionaux à visiter pour de plus amples informations. Il permet donc un accès rapide aux informations disponibles et une mise en lumière des organismes à contacter.

 

Remarque : les pays pris pour exemples sont ceux dans lesquels on dispose de plusieurs inventaires régionaux de GES.

 

De plus en s’intéressant à la bibliographie des inventaires et donc aux sources utilisées lors de leur élaboration, on retrouve fréquemment des références « extrarégionales » dont se sont inspirées les organisations régionales pour la réalisation de leur propre inventaire :

 

  • en Bourgogne, utilisation des méthodes développées en région Rhône-Alpes par Rhônalpénergie-Environnement pour les émissions liées au compostage et la méthanisation des déchets ainsi que pour les estimations des puits de carbone,

  • la Lombardie utilise une méthodologie américaine (API, American Petroleum Institute) pour les émissions des réservoirs pétroliers,

  • souvent des facteurs d’émissions issus de l’EPA (Environmental Protection Agency) des Etats-Unis sont utilisés dans certains calculs (ex : Toscane, Salzburg…),

  • etc…

Cela montre bien le besoin d’échanges d’expérience et le fait que la présence d’observatoires en région pourrait être facilitée par des coopérations ou par l’utilisation de guides pratiques au niveau régional.

 

Ces exemples font apparaître que :

  • les inventaires résultent alors d’un consensus entre différents acteurs. Ce qui permet peut-être mieux de coller à la réalité pratique : à savoir, faire un compromis entre le temps passé à la réalisation et la précision des données,

  • les guides méthodologiques, lignes directrices, manuels communs permettent de faciliter les futures initiatives,

  • Les acteurs régionaux sont fortement impliqués.

3.3. Les différentes structures d’inventaires liées au but poursuivi

 

Les différences des finalités d’inventaire (en termes d’utilisation) influent sur leur structure interne

On différencie plutôt des finalités en termes d’utilisation qui vont avoir un effet sur la structure interne de l’inventaire. Pour résumer les différences relevées au sein des inventaires voici un tableau récapitulatif en figure 9.

 

Les organismes en charge du bilan s’inspirent en général d’une méthodologie définie au niveau international et national. Ils effectuent toutefois des aménagements liés au but dans lequel est produit l’inventaire, mais aussi au manque de disponibilité des données au niveau régional qui impose certaines adaptations.

Ainsi de nombreuses régions assortissent leurs calculs d’enquête de manière à préciser les résultats, de même qu’elles utilisent des études commandées pour l’occasion ou déjà publiées :

  • en Autriche, étude prévue sur le tourisme de réservoir pour chacun des Länder faisant suite à celle déjà effectuée pour le pays,

  • en Wallonie, études réalisées par des bureaux d’études spécifiques pour les gaz fluorés, l’agriculture,

  • en Bourgogne, étude pour l’agriculture et les déchets,

  • en Midi-Pyrénées, le calcul des émissions de CH4 est confié à une association plus spécialiste,

  • au Pays de Galles, études sur les aéroports régionaux,

  • en Lombardie étude sur les gaz fluorés,

  • ........

La liste n’est pas exhaustive. On peut en déduire tout de même, que les études concernent les parties non énergétiques des inventaires et les enquêtes sont en général réservées aux secteurs résidentiel et tertiaire, au secteur industriel et épisodiquement pour inventorier les décharges et leurs installations spécifiques.

 

Figure 9 : tableau comparatif des différentes adaptations régionales pour la réalisation de l’inventaire

 

Légende et explications pour lire le tableau de la figure 9:

Légende des colonnes

Tr

Res

Tert

Agr

GF

Transport,

Résidentiel

Tertiaire : lorsqu’il n’y a pas de séparations entre les cases résidentiel et tertiaire, cela signifie que les secteurs n’ont pas été individualisés

Déchets : émissions non énergétiques

Agriculture : émissions non énergétiques

Gaz fluorés

 

La colonne « aménagements régionaux » présente par secteurs les types de précisions ou aménagements méthodologiques apportés pour calculer les émissions.

Légende des colonnes

..

Secteur pris en compte

..

Secteur non pris en compte

e : enquêtes

Et : études

NIR : désagrégation de l’inventaire national

Le secteur est pris en compte dans l’inventaire ; sans lettres dans la case, alors la méthodologie employée pour le calcul se réfère à la méthodologie générale pour l’inventaire considéré.

Le secteur n’est pas pris en compte dans l’inventaire



Enquêtes pour recueillir des données plus précises

Etudes pour préciser les calculs au niveau régional

Chiffres désagrégés de l’inventaire national en utilisant des ratios (population, emploi dans un secteur…)

 

 

Colonne transport

..

Approche trafic

 

..

Approche livraison

t : tous

t\a : transport à l’exclusion du transport aérien

t\am : transport à l’exclusion des transports aérien, maritime et fluvial.

Le fond coloré permet de faire la différence entre les approches utilisées pour calculer les émissions des transports. Les abréviations codent pour les différents types de transport auxquels s’intéresse la région. Précisons qu’il semble logique que certaines régions ne prennent pas en compte les émissions des transports maritimes et fluviaux de par leurs caractéristiques géographiques.

Remarque : Les numéros de fiches correspondent aux grilles d’analyse de l’Annexe 2, à laquelle il faut se reporter pour plus de détails concernant les inventaires. La fiche n°3 n’est pas reportée car elle est exactement similaire à la n°2 pour ce qui concerne la méthodologie.

 

Le fait que certains organismes emploient les approches consommateurs et/ou trafic témoignent en général d’un inventaire avec un niveau de détail élevé et qui a demandé un gros investissement en temps d’abord, et par conséquent en argent. On peut donc supposer que ce genre d’inventaire aura alors une suite en termes d’actions.

 

Ainsi, les différences d’approche méthodologique s’expliquent en premier lieu par le but poursuivi lors de la réalisation d’un inventaire ce qui permet de les catégoriser de la manière suivante :

 

L’estimation des émissions n’est qu’une information corrélée au bilan énergétique

 

Ceci est surtout valable pour les bilans CO2, on peut en distinguer deux types :

  • L’estimation des émissions de CO2 procède d’une volonté de prendre en compte le problème du changement climatique.
    C’est alors un inventaire des émissions de CO2 qui s’appuie sur les données du bilan énergétique régional.
    Exemple en Aquitaine : L’observatoire de l’énergie produit un « Bilan énergie – effet de serre de la région Aquitaine » qui même s’il ne s’intéresse qu’aux émissions de CO2, propose un document réellement détaillée sur ce type d’émissions avec derrière une volonté d’actions.

  • Les bilans énergétiques desquels les émissions de CO2 sont déduites.
    Dans ce cas, les estimations d’émissions ne représentent en fait qu’une information sous-produit du bilan énergétique. La plupart des bilans énergétiques contiennent ces informations d’émissions de CO2. Cependant cela ne témoigne pas d’une envie de faire de la réduction des émissions de gaz à effet de serre une priorité régionale.
    Les exemples cités dans le tableau récapitulatif de la figure 6 correspondent plutôt au cas de figure n°1. En effet la définition de l’étude étant plutôt tournée vers le recensement des observatoires de GES, il semblait alors plus judicieux de ne s’intéresser qu’aux bilans s’apparentant au premier cas de figure.
    Le fait que l’on soit en présence du cas de figure 1 ou 2 ne va pas changer la méthodologie pour le calcul qui repose sur la conversion du bilan d’énergie par l’intermédiaire de facteurs d’émissions, mais va certainement changer l’utilisation des résultats. En effet, pour le cas de figure n°1, l’approche en termes d’actions sera certainement plus globale même si dans un premier temps, les mesures ne seront principalement liées qu’à l’utilisation rationnelle de l’énergie.

L’inventaire comme outil d’aide à la décision

 

La finalité principale d’un inventaire, est de fournir un outil d’aide à la décision en matières de politiques et d’actions en faveur de la réduction des émissions de GES, ceci dans le cas où les acteurs régionaux en sont à l’origine.

 

Toutefois, différentes finalités secondaires au sein de cette catégorie peuvent être relevées :

  • Vulgarisation
    Certains inventaires font une priorité de la vulgarisation des informations à destination du public et des élus. Cette finalité conditionne fortement la méthode de réalisation de l’inventaire puisque alors il ne semble pas nécessaire d’avoir un niveau de détail élevé. Le but étant en effet de réaliser un document accessible qui constitue une première étape de sensibilisation et d’information.

En Bourgogne : le rapport technique du bilan des émissions de GES est en ligne mais le plus important, selon l’agence ALTERRE, sont les synthèses publiées. Il ne semblait pas nécessaire à l’agence de parfaitement coller à une méthodologie prédéfinie. Ils ont choisi d’insister plus spécifiquement sur le volet agriculture qui est une composante majeure du contexte bourguignon afin d’attirer l’attention des gens sur les caractéristiques régionales et d’avoir ainsi un éventail de diffusion plus large.

 

En Andalousie, l’inventaire a pour but de « montrer aux lecteurs les résultats de cet inventaire de manière intuitive et facilement compréhensible pour les lecteurs non spécialisés ».

 

Sur la figure 9, il apparaît que tous les inventaires sont disponibles en ligne, et certains observatoires possèdent un site qui leur est dédié. Il semble important aux organismes qui réalisent les inventaires d’en assurer la diffusion d’autant que la plupart de ces organismes sont publics ou semi-publics. Certains sites présentent les résultats des inventaires de manière simplifiée pour le grand public.

Exemple des sites Internet de l’OREMIP en Midi-Pyrénées, de l’APCEDE en Poitou-Charentes, etc…

 

D’autres agences ont édité des brochures simplifiées destinées au grand public.

La brochure sur l’observatoire de l’énergie et des gaz à effet de serre en Rhône-Alpes propose une présentation simplifiée des résultats de l’inventaire, montre l’évaluation probable des émissions à l’horizon 2020 et donne des exemples des actions simples au quotidien pour réduire les émissions.

 

En Wallonie, la brochure du Plan Wallon de l’Air, dans le même genre, a pour but de présenter les grandes lignes de ce plan qui dans sa version originale est un document assez volumineux (plus de 200 pages).

 

De même, le format de rapport sera alors adapté à la lecture c’est-à-dire que même si un format normalisé (cf. Annexe 3, §3) a pu être utilisé pour réaliser les calculs, dans le rapport d’inventaire, les émissions seront présentées par grands secteurs : énergie, industrie, résidentiel/tertiaire, transport, agriculture/déchets avec plus ou moins de séparation ou encore par grands types : sources fixes/sources mobiles…

  • Proposition d’une estimation plus précise et propre au contexte régional
    L’estimation sera plus précise et/ou plus adaptée :

    • soit par rapport à l’inventaire national régionalisé : exemples des études Carbon Trust au Pays de Galles et en Irlande du Nord, du SEMIKAT (cadastre des émissions et de l'énergie de Salzburg). Alors, des apports méthodologiques sont ajoutés de manière à ce que l’inventaire reflète précisément le contexte régional. Cela permet par la suite au sein des rapports d’inventaires, d’expliquer les raisons des différences de résultats avec les inventaires nationaux régionalisés pour les émissions de certains secteurs.
      L’étude Carbon Trust a opté pour une approche consommateur de manière à montrer le fait que la région en tant qu’exportatrice d’électricité supporte dans son bilan les émissions de cette électricité que les habitants de la région ne consomment pas.

    • soit pour avoir à disposition un document particulièrement détaillé qui servira de support à leurs actions. L’observatoire se justifie alors puisque l’une de ses missions est d’évaluer les émissions au sein de la région. De plus certaines agences commanditent des organismes indépendants pour la réalisation de leurs inventaires. Comme exemples, la Région Poitou-Charentes a commandé une étude au CITEPA pour établir un inventaire détaillé des émissions de GES régionales et départementales et les bureaux d'études Explicit et ICE ont réalisé les précédents inventaires de GES pour la région Rhône-Alpes.

Ces inventaires étant souvent réalisés contre rémunération spécifique, les méthodes de réalisation demeurent parfois confidentielles à moins que la diffusion de la méthodologie ne soit incluse dans le cahier des charges. Ainsi seuls des résumés sont disponibles pour les études du Carbon Trust.

 

Les inventaires particulièrement détaillés et/ou proposant des aménagements méthodologiques particuliers sont réalisés dans le but de bien faire ressortir l’intérêt d’avoir un inventaire au niveau régional. En général les sources d’émissions sont définies, le format de rapport est un format normalisé et des supports visuels (SIG, modélisation…) sont proposés pour préciser encore l’information fournie. (exemples : Piémont, Lombardie, Poitou-Charentes, Salzburg,…).

 

Après avoir vu comment les inventaires s’organisaient en fonction du contexte et des finalités de leur mise en place, nous allons à présent mettre en lumière quelques pratiques qui ressortent de l’examen de ces inventaires.

 

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[1] Ex PACA : bilan des GES d’origine énergétique en 2004 : 99.3% des émissions énergétiques sont des émissions de CO2, 0.3%  du CH4, 0.4% du N2O.

[2] NUTS 2 : Nomenclatures des Unités Territoriales Statistiques, chaque Etat (NUTS 0) est divisé en grandes régions, NUTS 1, puis en régions, NUTS 2, qui correspondent à une population de 800 000 à 3 000 000 habitants en général. Pour la France par exemple, NUTS 2 est la région, NUTS 3 le département et NUTS 4 la commune.

[3] Fait d’aller acheter le carburant dans une région voisine ou pays voisin où les prix sont moins élevés.

[4] Plan Climat 2004, Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable

[5] http://www.hbefa.net/

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