|
4. Les pratiques à valeur
d’exemple issues des différents observatoires |
4.1. Gaz
prendre en compte dans un inventaire
Le dioxide de Carbone – CO2
Pour une région qui dispose déjà un bilan
énergétique, la première étape est de calculer les émissions de CO2 à
partir du bilan énergétique puisque la conversion, assez aisée, se fait
par l’intermédiaire de coefficients de passage disponibles et
relativement fiables. Pour que ce bilan ait une réelle utilité, il est
souhaitable de le réaliser rétrospectivement pour différentes années
antérieures et de poursuivre ensuite dans les années futures. Cela
permet alors de suivre l’évolution des émissions par secteur énergétique
et de déterminer ensuite quels sont les secteurs sur lesquels se
focaliser pour diminuer les consommations énergétiques et donc les
émissions de CO2. De plus, cela permet de chiffrer pour chaque action
entreprise le CO2 économisé et donc de leur donner plus de poids
puisqu’elles permettent une réduction de la facture énergétique mais
aussi une diminution de l’impact sur le climat. Cela revient à mettre en
place un observatoire de l’énergie et du CO2.
C’est une démarche primordiale dans le
cadre régional (voire infrarégional) et dans le contexte actuel, qui
représente un premier pas dans la prise en compte du changement
climatique.
Les gaz à effet de serre d’origine
énergétique
Réaliser un bilan des émissions de GES à
partir uniquement du bilan énergétique constitue déjà une démarche plus
coûteuse en temps et qui n’a pas forcément un intérêt accru par rapport
à un bilan CO2. On remarque d’ailleurs sur le tableau récapitulatif des
inventaires régionaux en Europe de la figure 4 que les bilans sont
majoritairement de deux types : bilan CO2 énergétique et bilan des gaz à
effet de serre d’origine énergétique et non énergétique.
Les régions qui ont réalisé ce type de bilans GES d’origine énergétique
sont au nombre de deux : Provence-Alpes-Côte d’Azur et Salzburg (le
SEMIKAT)
Les alternatives à un bilan GES complet
Au vu des différents inventaires obtenus,
des alternatives à un inventaire gaz à effet de serre complet et
entièrement réalisé par un organisme régional sont parfois utilisées de
manière à minimiser la charge de travail et le coût tout en ayant
néanmoins un bilan régional.
La solution la moins coûteuse est
certainement d’utiliser la désagrégation du NIR que le centre référent
national met à disposition. Ce genre d’inventaires désagrégés est
disponible pour la France, le Royaume-Uni (pour le Pays de Galles,
l’Ecosse et l’Irlande du Nord mais pas pour chacune des régions de
l’Angleterre) et l’Italie. Ce qui donne une première approximation du
niveau d’émissions de la région sans toutefois le garantir précisément.
Une alternative un peu plus exigeante en
temps est celle de l’Autriche qui réunit experts fédéraux et régionaux
pour désagréger le NIR tout en tenant compte des données régionales
disponibles. Cela permet effectivement une implication des acteurs
régionaux dans la réalisation du bilan.
D’autres variantes existent encore, comme
en Midi-Pyrénées, où les émissions de CO2 d’origine énergétique sont
calculées à l’agence à partir du bilan énergétique et les émissions de
CO2 d’origine non énergétique, de N2O et de gaz fluorés sont issues de
la désagrégation régionale effectuée par le CITEPA. Une étude
complémentaire a été confiée à l’association SOLAGRO pour l’évaluation
des émissions de CH4.
De la même manière Carbon Trust au Pays de
Galles a réalisé un bilan des émissions énergétiques mais s’est servi
des données désagrégées de l’inventaire national pour compléter les
émissions non énergétiques. Cependant l’intérêt résidait dans le fait de
montrer une autre approche de calcul des émissions énergétiques.
4.2. Utilité
de réaliser un bilan GES complet
Une des questions fréquentes en ce qui
concerne les inventaires de GES concerne l’utilité de réaliser un bilan
complet c’est-à-dire incluant tous les GES cités dans le protocole de
Kyoto et les émissions d’origine non énergétique. En effet la question
se pose lorsque l’on se rend compte que dans la plupart des régions les
émissions de CO2 avoisinent les 80% et les émissions d’origine
énergétique les 70%.
Plusieurs raisons pour inciter à la
réalisation d’un inventaire complet :
-
Le pouvoir de réchauffement global des
autres gaz hors CO2 est très élevé (cf figure 1: PRG des différents
gaz à effet de serre).
-
De grandes incertitudes demeurent sur
la quantification des émissions de ces différents gaz à effet de
serre. Il pourrait ainsi se révéler un jour que l’on a sous-estimé
les émissions de certains de ces gaz. Même dans les inventaires
nationaux il est reconnu que certains secteurs ayant des valeurs
d’incertitudes élevées, sont des secteurs cruciaux pour déterminer
l’incertitude globale sur les émissions. L’un des secteurs le plus
problématique est celui des sols agricoles et des rejets en
protoxyde d’azote. Les incertitudes sur les facteurs d’émissions
varient suivant les pays de 24% (Autriche) à plus de 500% pour le
Royaume-Uni.
Pour le moment l’incertitude moyenne sur ces facteurs d’émissions
est de l’ordre de 200/250%. A cela se rajoute l’incertitude sur les
données d’activités qui peut être de l’ordre de 10%. On comprend
alors que les bilans soient susceptibles d’être sous-estimés. En
l’absence de résultats précis d’études au niveau national ou
régional, il est pour le moment très difficile d’estimer ces
émissions qui varient en fonction d’un nombre de paramètres
importants (caractéristiques du sol, caractéristiques de l’engrais,
hygrométrie de l’air, hygrométrie du sol,…) et qui de plus sont
diffuses.
En figure 10, l’exemple de l’Andalousie montre que les incertitudes
sur les facteurs d’émissions sont particulièrement élevées pour les
autres gaz que le CO2. Pour le protoxyde d’azote, quelque soit le
secteur considéré, les incertitudes sur les facteurs d’émission sont
au moins de 100%. Pour le méthane, la situation est un peu meilleure
avec des incertitudes plus comprises entre 50 et 150%. L’étude de ce
tableau appuie les remarques sur le protoxyde d’azote puisqu’il est
ici flagrant que quelque soit le secteur, c’est pour ce gaz que les
incertitudes sont les plus élevées.
-
Les gaz fluorés ont quant à eux des
PRG de l’ordre de plusieurs milliers et sont en constante
augmentation avec des foyers très localisés (foyers de production)
et des foyers diffus. Ils sont plus difficilement quantifiables et
souvent négligés ou grossièrement estimés par un ratio de population
à partir des émissions nationales. Bien que ces émissions ne
représentent qu’une très petite partie dans le bilan total, il
serait bon cependant de garder à l’esprit qu’au vu de leurs PRG et
de l’augmentation de leur utilisation due au remplacement des CFC il
serait nécessaire de les inclure dans le bilan au moins pour suivre
leur évolution et pouvoir prévenir une augmentation beaucoup trop
importante.
Toutefois au vu d’une récente directive européenne, ces gaz
devraient être moins problématiques à terme puisque cette directive
prévoit dans certains secteurs d’éliminer ceux dont le PRG est très
élevé notamment l’hexafluorure de soufre et de n’autoriser que ceux
dont le PRG est inférieur à 150 (climatisation des véhicules à
moteurs), dans d’autres secteurs (climatisation, réfrigération
industrielle), les règles d’utilisation et de recyclage seront plus
strictes.
|
Exemple de
l’inventaire
de l’Andalousie
qui présente un tableau récapitulatif
des estimations d’incertitudes par catégorie et pour chacun des
gaz :
|
|
CO2 |
CH4 |
N2O |
|
1 : procédés de combustion dans les
industries énergétiques et de transformation |
A |
C |
E |
|
2
: procédés de combustion non-industriels |
B |
C |
E |
|
3 :
procédés de combustion dans les
industries manufacturières |
A |
C |
E |
|
4 : procédés de production |
B |
D |
D |
|
5 : extraction et distribution de
combustibles fossiles et
géothermie |
D |
D |
- |
|
6 : utilisation de solvants et autres
produits |
- |
- |
- |
|
7 : transport routier |
B |
C |
E |
|
8 : autres sources mobiles et machines |
C |
D |
D |
|
9 : traitement et élimination des déchets |
BC |
CD |
EE |
|
10 : agriculture |
C |
D |
E |
|
11 : autres sources et puits |
D |
E |
E |
Source :
Inventario de Emisiones
Atmosféricas de Andalucía, 2004
Figure 10 : Estimations des incertitudes sur les calculs
d’émissions en Andalousie
Rang
d’incertitudes associé à chacune des lettres :
A -
estimation basée sur un grand nombre de mesures faites sur un
grand nombre
d’installations, de sorte qu’elles soient bien
représentatives du secteur. Incertitude de
l’ordre de 10 - 30%
B –
estimation basée sur un grand nombre de mesures effectuées sur
un grand nombre
d’installations de sorte qu’elles représentatives
du secteur. Incertitude de l’ordre de 20 -
60 %
C –
estimation basée sur les mesures d’un nombre restreint
d’installations. Incertitude de
l’ordre de 50 –150%
D –
estimation basée sur des mesures individuelles ou sur des
calculs dérivés de beaucoup
d’hypothèse. Incertitude de l’ordre de 100 – 300%
E –
estimation basée dérivée seulement d’une série d’hypothèses.
Autre ordre de grandeur |
-
De plus certaines activités émettrices
ne sont pas celles qui viennent spontanément à l’esprit lorsque l’on
parle de GES, le fait d’en avoir une première approximation permet
de pointer du doigt les problèmes et de les aborder de manière
beaucoup plus globale.
Pour reprendre l’exemple des sols agricoles, aborder ce problème
sous l’angle « dégagement de protoxyde d’azote » amène à proposer
des actions qui vont dans le sens d’une agriculture durable
(meilleure gestion de l’apport d’engrais azoté en réduisant les
doses et en les appliquant à une période adéquate). Ainsi cela peut
apporter des arguments nouveaux afin d’améliorer les pratiques et
par-là, peut-être avoir plus d’impact.
-
En termes d’actions, certaines
activités émettrices sont réductibles à moindre coût pour un
bénéfice en émissions de GES évitées parfois supérieur à certaines
activités uniquement émettrices de CO2.
Selon une étude de SOLAGRO en 2003,
l’agriculture a un fort potentiel technique de réduction. Ainsi
l’association a établi un document présentant douze mesures pour la
réduction des émissions de GES en agriculture et ceci en les
classant en termes de faisabilité et d’acceptabilité (politique et
individuelle) ainsi qu’en termes de coût financier. Une des mesures
qui pourraient avoir le plus d’effet est la réduction des émissions
grâce à une meilleure gestion des effluents d’élevage notamment en
utilisant des techniques de méthanisation à partir des effluents
d’élevage pour produire de la chaleur et de l’électricité. Un
exemple de mesures réalisables aisément et à moindre coût est le
développement des cultures de légumineuses dans les prairies
(trèfle, luzerne, sainfoin,..). En effet, les légumineuses
contiennent un taux de protéines végétales largement supérieur à
celui des céréales (intérêt pour l’alimentation des animaux) et
d’autre part, elles fixent l’azote atmosphérique. Ce sont des
plantes qui ne nécessitent pas d’apport d’engrais azotés et qui de
plus, restituent de l’azote au sol, donc le fertilise.
La réduction des besoins en fertilisation azotée induit donc une
diminution des émissions de protoxyde d’azote au champ ainsi que la
réduction des émissions associées à la fabrication d’engrais
minéraux. L’exemple donné dans l’étude considère un objectif
raisonnable avec la conversion de 1.1 millions d’hectares de
prairies temporaires de graminées pures en prairies temporaires
contenant 60% de graminées et 40% de légumineuses qui permettrait
l’économie de 1.21 Mtéq de CO2. Ce qui représente l’équivalent
annuel des émissions de plus de 130 000 Français. SOLAGRO a classé
ces activités en trois catégories en fonction du coût de mise en
œuvre et celle-ci figure parmi les moins chères, le coût de mise en
place de cette mesure serait en fait inférieur à 5 euros par tonne
de CO2.
Ainsi au vu de tous les secteurs et
activités qui sont susceptibles d’être sous-estimées dans les bilans et
de manière à avoir une approche concrète plus globale, il semblerait
judicieux de réaliser un bilan complet des GES.
4.3. L’approche consommateur,
quel intérêt au niveau régional ?
L’approche consommateur, appliquée à
l’ensemble d’un bilan d’émissions, voudrait que les émissions liées à la
production/fabrication d’un produit soient attribuées à la personne qui
les consomme et donc au territoire auquel appartient ce consommateur.
Ceci est valable pour l’électricité, les carburants, les autres types de
combustibles tout comme pour les produits manufacturés. Cette approche
représente un moyen plus équitable de prendre en compte les émissions et
de les attribuer à chaque région. Cependant, cela complexifie énormément
les calculs si on a pour ambition de l’appliquer sur tous les produits
et cela peut également engendrer encore plus d’incertitudes sur la
fiabilité des calculs de par l’utilisation accrue de ratio pour
attribuer les émissions aux consommateurs.
Dans les bilans recensés, certaines
régions appliquent cette approche pour les émissions liées à la
consommation d’énergie et de carburants. Cependant il est à noter qu’en
général, les régions qui choisissent cette approche sont justement des
régions qui sont plus faiblement émettrices grâce à cette
comptabilisation. En effet, ces régions sont soit exportatrices
d’énergie, soit des régions de passage (avec beaucoup de trafic en
direction d’autres régions) et soit des régions dans lesquelles les prix
du carburant sont moins élevés, donc des régions de « tourisme de
réservoir ».
Si on prend l’exemple de Poitou-Charentes,
cette région importe une bonne partie de l’énergie dont elle a besoin,
de même pour l’importation de produits manufacturés. Cependant, en
contrepartie, comme c’est une région très agricole, elle exporte
beaucoup de sa production. Il est alors difficile de ne s’intéresser
qu’à l’électricité et/ou aux carburants puisque cela représente une
vision incomplète des émissions de la région.
Toutefois on peut regarder les exemples du
Pays de Galles et de Salzburg pour se rendre compte de la manière dont
cette comptabilisation peut modifier le bilan global.
|
L’électricité au
Pays de Galles :
Les émissions de l’électricité
exportée ne sont pas attribuées au Pays de Galles mais à
l’Angleterre vers laquelle elle est exportée. Ceci engendre des
différences entre l’inventaire Carbon Trust et l’inventaire
national réalisé par NETCEN, l’organisme national référent (cf
grilles d’analyse n°21 et 22). Le tableau de la figure 10 montre
une différence de presque 3 millions de tonnes de CO2 entre les
deux inventaires.
| |
Inventaire Carbon Trust
Approche consommateur |
Inventaire NETCEN
Approche producteur |
| |
Mt |
Mt
|
|
CO2 issu de l’électricité
|
9.59 |
12.58 |
|
Source : Carbon Trust Wales
Figure 11 : Différences entre les
résultats des émissions du Pays de Galles suivant deux approches
|
Sur les bilans finaux la
différence est moins importante puisque d’autres modifications
mineures réduisent les écarts. Toutefois la différence finale de
2.1 Mt CO2éq reflète principalement les approches prises pour
traiter la production d’électricité. |
|
Les carburants en
Autriche :

Source : SEMIKAT, 2004
Figure 12 : Comparaison entre les
résultats du BLI, inventaire des Bundesländer (à gauche en foncé) et du
SEMIKAT, cadastre d’émissions (à droite en clair)
|
|
Les différences en termes de chiffres du
transport s’expliquent par les approches employées pour le calcul des
émissions. En effet, le SEMIKAT considère les chiffres de consommation
de carburant autrichienne et a fortiori celle de Salzburg, au contraire
du BLI dans lequel sont pris en compte les chiffres de vente. Les
émissions sont alors plus élevées pour le BLI, puisque avec les chiffres
de ventes ne sont pas déduites les émissions des véhicules qui ne font
qu’acheter leur carburant à Salzburg pour aller le consommer en grande
partie ailleurs. |
Il semble alors possible de proposer des méthodes qui sont adaptées à la
réalité régionale et permettront ainsi de mieux cibler les actions à
entreprendre.
4.4. Organiser la mise en place d’un observatoire
Fréquence
Il ne semble pas nécessaire de réaliser un bilan annuel. Cependant, il
peut être intéressant de faire systématiquement l’évaluation des
émissions de gaz à effet de serre évitées au terme de chaque action
entreprise par un organisme. Ce genre de calcul devient très simple
puisque a priori tous les éléments (organismes à contacter, données à
utiliser, facteurs d’émissions à prendre en compte..) sont immédiatement
disponibles grâce aux méthodes de calculs déjà utilisées lors de la
réalisation de l’inventaire régional.
Dans le cas de la France ou de l’Italie par exemple, où plusieurs
régions réalisent des inventaires avec leur propre manière de procéder,
il serait tout de même intéressant que ces régions adoptent la même
fréquence pour la réalisation de leurs inventaires. Cela donnerait
l’opportunité d’une analyse comparative des tendances générales,
d’autant que parfois des phénomènes plus globaux peuvent jouer sur les
émissions (la rigueur de l’hiver, la mise en place d’une politique
nationale…). Les effets de certains paramètres pourraient alors être
constatés sur les tendances régionales d’émissions, chose qui est
possible en Allemagne et en Autriche notamment grâce au fait que tous
les bilans soient réalisés la même année.
Moyens humains
Suivant les régions, le nombre de personnes nécessaires à la réalisation
de l’inventaire est variable, ceci dépendant évidemment du type
d’inventaire réalisé ainsi que de la taille de l’organisme qui en a la
charge. Cependant, fréquemment une seule personne s’y consacre avec un
nombre d’heures variable. Plusieurs personnes peuvent y avoir participé
mais en termes de temps de travail cela ne représente pas généralement,
plus d’un équivalent temps plein, surtout lorsqu’il s’agit d’une
réactualisation d’un bilan et non pas du premier.
Moyens matériels
-
Financement En général le financement des organismes qui mettent en place des
observatoires est en grande partie composé de fonds publics. La
pérennisation de ces observatoires est donc assurée à condition que le
financement le soit.
-
Aide à la réalisation Comme on l’a vu dans le paragraphe 3.2, dans plusieurs pays, des
documents pouvant servir de base ou d’aide à la mise en place d’un
observatoire des émissions de GES sont disponibles gratuitement et donc
susceptibles d’être utilisés comme modèle ou tout du moins comme
exemple. Ces documents sont en français (cahiers techniques du RARE, guide de l’ADEME
: « Un Plan Climat à l’échelle de mon territoire »), italien (lignes
directrices pour les inventaires locaux), anglais (programme GRIP). Sans
compter les inventaires en allemand et en espagnol qui, puisqu’ils
décrivent la méthode de recueil de données et de calcul des émissions,
peuvent servir d’exemples. Cette liste n’est bien évidemment pas
exhaustive. On peut citer en exemple le programme INEMAR en Lombardie
dont s’est inspiré le Piémont pour mettre en place son inventaire. Puisqu’il existe déjà des groupes de travail nationaux, une structure
comme la FEDARENE pourrait alors aider à la création d’un groupe de
travail européen puisque ce type d’échanges s’avère fructueux.
Une coopération avec les associations de surveillance de la qualité de
l’air pourrait être envisageable, d’autant que dans certaines régions,
des liens ont déjà été créés. A l’échelle d’une région, il serait
peut-être envisageable de réduire les dépenses de temps et d’argent pour
la recherche de données en utilisant le réseau de mesures.
4.5. Utilité, pour les organismes régionaux, de mettre en place un
observatoire
En région, on l’a vu précédemment, le but principal de la mise en place
d’un observatoire est d’avoir à disposition un outil d’aide à la
décision pour la planification régionale. L'inventaire en soi constitue
déjà un outil d'aide à la décision puisqu'il dresse un bilan de la
situation en mettant en lumière les secteurs où des améliorations
peuvent être conduites. Parfois, des outils informatiques sont
développés pour améliorer encore la fonction d'outil d'aide à la
décision en permettant notamment soit de mieux visualiser (SIG,
cadastre) soit de tester des scénarios d'évolution (GRIP scenario tool
par exemple).
_Base de données informatiques et liaison avec un SIG
(Système
d’Informations Géographiques)
|
En Italie, INEMAR
: le programme comprend une base de données, la
présentation des résultats sur un site web et le programme NEBULA (mis à
disposition par la direction générale de la qualité de l’environnement
en collaboration avec l’entreprise TerrAria). NEBULA offre la
possibilité de construire des graphiques et des cartes thématiques
relatifs aux données des polluants atmosphériques liées à la base de
données régionales. |
|
En Andalousie :
Une application informatique permet une actualisation aisée de
l’inventaire et est réalisée avec les objectifs suivants :
-
Actualiser les données de l’inventaire des
sources industrielles potentiellement polluantes
-
Obtenir au moyen d’un SIG une visualisation
cartographique des données, autant des industries qui
forment la trame commerciale de chaque commune, que des
autres sources d’émissions comme le trafic, activités
agricoles…
-
Possibilité de réaliser des requêtes pour
connaître les données des émissions d’une industrie
déterminée avec la possibilité de disposer d’une information
découpée par processus ou pour les différentes sources
d’émissions qui composent chaque installation.
-
Disposer d’une base de données dans laquelle
se reflète le suivi des industries réalisé grâce aux
questionnaires
-
Maintenir un contrôle sur les entreprises qui
doivent fournir des informations à l’administration, qui
dispose ainsi d’un outil efficace pour contrôler ces
inspections.
|
Le fait de coupler la base de données avec un SIG permet d’avoir une
représentation visuelle des foyers d’émissions, des types d’émissions...
Ceci constitue un bon moyen de communication et permet de croiser les
données pour optimiser l’utilisation des données recueillies.
Cependant le SIG ne permet pas de prévoir les évolutions futures.
_
Outil de prospection
L’observatoire constitue un outil de
suivi, qui joue également le rôle d’indicateur environnemental sur les
potentiels évolutions et effets du réchauffement climatique. Ainsi,
plusieurs régions ont utilisé leur inventaire pour définir des scénarios
prospectifs permettant immédiatement de voir où mènent les tendances
actuelles et quelles évolutions seraient prévisibles après application
des actions définies dans un plan Climat.
|
En Angleterre « GRIP Scenario tool UK »
Pour le Northwest, par exemple, les scénarios prospectifs ont été
élaborés par un ensemble d’acteurs (législateurs, conseils locaux,
représentants d'industries, d'universités et ONG). Plus de 40 interviews
ont été menées puis un groupe de travail auquel participait plus de 20
personnes a été mis en place, ceci afin de déterminer les possibles
évolutions des émissions de gaz à effet de serre en fonction des
évolutions de population, du développement économique et social, de
l'utilisation d'énergie et des technologies inhérentes, de l'évolution
du secteur des transports, et des conséquences environnementales de la
combinaison de ces facteurs. De plus en ligne est disponible un outil
ludique : « GRIP Scenario Tool » qui permet de créer différents futurs
énergétiques de manière à déterminer les secteurs dans lesquels
privilégier des réductions d’émissions pour atteindre les objectifs
fixés par les scénarios de réduction des émissions.
Le programme permet d’effectuer des changements dans le système
énergétique de la région par exemple et ceux-ci sont immédiatement
traduits en modifications d’émissions de GES.
« Grip Scenario Tool » permet à l’utilisateur de :
-
suivre les modifications en termes d'émissions conséquentes à des
décisions sur la politique énergétique ou à des évolutions de facteurs
socio-économiques et démographiques
-
donner un aperçu instantané des effets que peuvent engendrer la mise
en place d’une politique
-
proposer une approche intégrée sur le système énergétique à la fois à
moyen comme à long terme.
|
_
Plan d’action
Deux remarques préalables :
D'une part, il est nécessaire de préciser que le terme plan d’action «
climat » définit la stratégie sous forme d'actions opérationnelles qui
s’articulent autour de l’objectif de réduire les émissions de gaz à
effet de serre. Ici ne sont considérés que les plans d’action découlant
directement des inventaires de GES ie les plans d’action faisant partie
des missions que s’est fixé l’observatoire régional. Les plans qui
pourraient avoir une influence sur les émissions tels que les plans de
développement des énergies renouvelables par exemple, ne sont pas
comptés comme plan d’action « climat » dès lors qu’ils ne découlent pas
de l’inventaire des émissions de GES, bien qu’ils aient évidemment une
influence positive sur les bilans de GES.
D’autre part les investigations en ce qui concerne les plans d’action et
leur évaluation n’ont été menées que sur un petit nombre de régions
faute de temps. Cependant il semblait intéressant de faire figurer ici
ces quelques exemples. En effet la mission confiée au départ ne
comprenait pas la recherche des plans d’actions régionaux puisque
l’étude était avant tout basée sur la comparaison des méthodologies
d’observation des GES. Toutefois, au fil du temps il est apparu évident
que cette étude ne devait pas laisser de côté ces plans d’actions qui
représentent le niveau opérationnel des observatoires. Il aurait alors
fallu plus de temps pour au moins enquêter toutes les régions déjà
évoquées au cours de l’étude. Mais malgré tout, l’étude des quelques
plans d’action recueillis permet d’en tirer une tendance et soulève
quelques remarques qui permettront de donner une suite à l’étude.
Lien entre la nature de l’inventaire et le fait d’avoir mis en place un
plan d’action
Le but ultime de tout inventaire est la mise en œuvre d’un plan
d’action. En croisant les types d’inventaire réalisés avec la mise en
place successive d’un plan d’action « climat », on obtient les résultats
présentés sur le graphique de la figure 13.

Figure 13 : Lien entre la nature du bilan et le fait de disposer d’un
plan d’action en pourcentage du nombre de régions enquêtées (19 régions)
Les bilans CO2 n’apparaissent pas sur la figure, néanmoins lorsque le
bilan CO2 est réalisé, mais qu’un plan d’action n’a pas été défini, cela
signifie en général que le calcul des émissions de CO2 n’est qu’un
calcul annexe au bilan énergétique et que la région n’a pas encore
vraiment le souci des émissions de gaz à effet de serre.
La majorité des régions qui dispose d’un bilan gaz à effet de serre mais
n’ont pas défini de plan d’action sont des régions pour lesquelles le
bilan d’émissions de gaz à effet de serre a été réalisé par
désagrégation du bilan national sans participation régionale. Lorsque
l’inventaire résulte de l’initiative d’un organisme régional, un plan
d’action s’il n’est pas déjà mis en œuvre alors, est au minimum
déterminé pour donner un cadre aux actions futures.
De plus le fait d’avoir à disposition les chiffres et les méthodes de
calcul permet immédiatement d’évaluer les effets d’une action engagée ou
les effets probables de cette action en termes de réductions de GES.
Ainsi lorsque ce n’est pas au niveau régional que la prise de conscience
s’effectue à travers l’élaboration d’un bilan de gaz à effet de serre,
aucun plan d’action n’est défini car ce ne sont pas les acteurs
régionaux qui se sont saisis eux-mêmes du problème. Ceci explique alors
le manque d’initiatives.
Mesures proposées dans les plans d’action régionaux
Les plans d’action qui ont permis de réaliser le tour d’horizon des
mesures prises en compte sont ceux pour lesquels il a été possible
d’avoir non seulement un document écrit mais également un entretien
téléphonique. L’entretien cherchait à savoir si dans le cadre de
l’observatoire:
-
un plan d’action a été défini,
-
au cas où un plan d’action existe, si certaines mesures avaient déjà
été appliquées, voire si une évaluation du plan d’action était déjà
réalisée,
-
le changement climatique était un thème évident au sein de la région
contactée, si ce plan reflétait une réelle dynamique régionale.
Grâce aux informations récoltées et après lecture des différents plans
d’action, le graphique de la figure 14 a été construit de manière à
recenser les mesures qui apparaissent dans les différents plans
d’action. Les plans d’action qui ont servi de support à ces remarques
sont ceux de : Haute-Normandie, Midi-Pyrénées, Nord-Pas de Calais,
Nordrhein-Westfalen, Oberösterreich, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Sarre,
Wallonie et Pays de Galles. De plus en Annexe 4, un tableau
récapitulatif présente les résultats d’enquête et les pistes futures.
Les plans d’action recensés font ressortir trois groupes de mesures (cf
figure 14), à savoir les actions concernant une réduction de la
consommation d’énergie, les actions en matière d’énergies renouvelables
et les actions concernant le secteur des transports. Ce sont les
secteurs dans lesquels les actions des régions vont probablement se
concentrer.
D’autres mesures concernent l’agriculture, les déchets, la
communication, le management environnemental des entreprises, la mise en
place d’observatoires, les mesures financières d’aide et l’intégration
du changement climatique dans la politique régionale sont moins
courantes et moins nombreuses mais se retrouvent néanmoins dans
plusieurs plans d’action.
Premiers éléments d’analyse
La première remarque que l’on peut faire sur les différences de mesures
recensées dans les plans d’actions concerne la nature de l’organisme qui
met en place le plan d’action. En effet il est possible pour certains
organismes de mettre en œuvre des mesures concrètes puisque cela rentre
dans leur domaine de compétences. Pour d’autres organismes, il sera
difficile de proposer autre chose que des idées de plans d’actions sans
pour autant pouvoir agir concrètement.
Les différences semblent liées à la nature de l’organisme en charge de
l’observatoire. Ceci sera une remarque à creuser pour comprendre les
différents types d’observatoire.
Prenons par exemple, les instruments financiers pour l’intégration du
changement climatique dans la politique régionale, qui est une mesure
rencontrée dans les plans d’action de Wallonie, Nord-Pas de Calais (NPDC),
Provence-Alpes Côte d’Azur (PACA) et Nordrhein-Westfalen (NRW). Les
organismes desquels sont issus ces plans d’action ont un statut qui leur
permet de prendre une telle mesure : la Wallonie puisqu’elle a les
prérogatives d’un Etat, les plans d’actions de NPDC et PACA qui
proviennent de Conseil Régionaux.
Ceci est une caractéristique qui rentrera autant en compte que la
disparité territoriale des régions dans les types de mesures de
réduction proposées.
La deuxième remarque sur les mesures rencontrées dans les plans d’action
est que contrairement à un plan Climat national, les plans régionaux
semblent comporter plus de mesures susceptibles de toucher directement
les citoyens et donc de les impliquer dans la lutte contre le changement
climatiques.
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Exemples |
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Saarland : « numéros de maisons verts ». Ces numéros sont distribués
aux maisons qui respectent 100 points d’une charte d’écoconstruction.
L’objectif était d’atteindre 500 maisons en 2005, 351 seulement ont
obtenu ce numéro vert, l’objectif est donc reporté à 2007.
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Midi-Pyrénées : promotion de l’installation de chauffe-eau solaires
individuels (bilan du programme PRELUDDE en 2005, presque 4000
installation)
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Nord-Pas de Calais : le crédit à taux 0% pour les particuliers qui
rénovent leur habitation en réalisant des travaux qui visent à améliorer
l’isolation thermique. Ceci permet en effet de réduire la consommation
énergétique des logements.
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De plus des initiatives comme le GRIP en Angleterre (cf p56) ou
Initiatives Climat en Poitou-Charentes permettent au sein d’une région
de monter des groupes de travail pour que tous les acteurs régionaux
participent à la mise en place de mesures.
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En Poitou-Charentes : "Initiatives Climat"
"Initiatives Climat" s’organise en quatre phases :
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Phase 1 |
élaboration d’un
inventaire des émissions de GES d’origine énergétique
assorti d’éléments prospectifs. |
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Phase 2 |
organisation d’un forum
réunissant les représentants de l’ensemble des acteurs
régionaux (collectivités, entreprises, professionnels de
l’agriculture et sylviculture, universités, laboratoires
de recherche, relais d’information et de formation…)
pour des réflexions participatives autour de 12
thématiques. Ceci a pour but de faire émerger des
initiatives et des engagements pour la réduction des
émissions de GES. |
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Phase 3 |
présentation d’un Livre
Blanc rassemblant et valorisant l’ensemble des
propositions issues des ateliers du forum. |
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Phase 4 |
La mise en œuvre du plan
d’action devrait être effective sur la période 2006-2010
avec création d’un tableau de bord de suivi annuel. |
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Les mesures relevées montrent alors que l’observatoire permet d’agir au
niveau local. Il apparaît primordial de chercher à mobiliser tous les
acteurs dispersés (ménages, entreprises, commerces, gestionnaires de
logements, usagers de transports individuels, professionnels de la
distribution d’énergie, conseils d’administrations des hôpitaux, etc.)
qui sont une des clés de la réduction à long terme de la consommation
d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre.
Les campagnes de communication adaptées au grand public, les programmes
d’éducation à l’environnement et à l’énergie, la diffusion
d’informations… sont autant de mesures visant à augmenter l’intérêt et
l’engagement des citoyens et à mettre en avant la problématique du
changement climatique.
Ainsi un premier bilan des mesures définies dans les plans d’action
permet de montrer que le fait d’établir un observatoire des émissions de
GES à un niveau infranational permet plus sûrement qu’un plan national
d’amorcer une prise de conscience de l’impact individuel et local en
matière de changement climatique.

Le but de
cette étude qui, au départ était de proposer une méthode commune afin de
mettre en place un observatoire régional des émissions de gaz à effet de
serre en s’inspirant de divers exemples en Europe, a par la suite
évolué.
En effet,
il est apparu beaucoup plus important de promouvoir la mise en place
d’observatoire quelle que soit la manière dont les inventaires sont
réalisés, que de proposer une harmonisation de ces méthodes. Le but
étant en effet de réduire les émissions, alors le résultat prime sur la
manière dont a été pensé l’observatoire.
Au cours
de cette étude, on a ainsi constaté que de nombreuses régions
européennes se sont engagées dans une démarche régionale ou locale pour
la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre. Le cadre de
l’étude se limitant au niveau régional, l’investigation n’a donc pas été
poussée jusqu’au niveau local où pourtant il existe également de
nombreuses informations et initiatives (ex : PRIVILEGES : Projet
d’Initiative des Villes pour la réduction des Gaz à Effet de Serre dont
Chalon sur Saône est la vitrine, commune de Saint Valentin en
Autriche,…).
L’observatoire régional apparaît d’abord comme un outil d’évaluation
pour comptabiliser les émissions liées à un territoire ainsi que leur
évolution au cours du temps mais il permet surtout :
-
l'objectivisation du discours sur le changement climatique en
proposant des données concrètes capables d'interpeller élus et
citoyens,
-
d’enclencher une dynamique régionale pour la prise de conscience du
problème sur le territoire,
-
la
mise en place de politiques publiques au niveau régional,
-
la
prise de décisions en termes d'actions de réduction des émissions de
gaz à effet de serre,
-
l'évaluation des politiques correspondantes.
Il est primordial que
le changement climatique ne soit pas qu’une affaire nationale et que les
acteurs régionaux et locaux prennent conscience de la nécessité d’agir à
leur niveau. Pour preuve, le dernier rapport publié par l’Agence
Européenne de l’Environnement le 22 juin 2006, montre une augmentation
des émissions de gaz à effet de 0,4 % entre 2003 et 2004 dans l’UE des
15, et de 0,3 % pour l'UE à 25. En 2004 la baisse effective des
émissions n’est que de 0.9%, ce chiffre est bien loin des 8% de
réduction pour lesquels l’UE s’est engagée. Certains pays comme
l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France semblent en bonne voie, pour
d’autres l’atteinte des objectifs paraît plutôt compromise (Autriche,
Danemark, Finlande, Italie, Luxemburg, Portugal, Espagne…).
Ce constat alarmant
prouve d’autant plus la nécessité de mobiliser les acteurs à tous les
niveaux afin d’inverser durablement la tendance globale du réchauffement
climatique.
_______________________
Source : Annual European Community greenhouse gas inventory 1990–2003
and inventory report 2005
Source :
Bochu J.L.,Couturier C., Doublet S.,
Pointereau P., 12 propositions
pour lutter contre le changement climatique dans le secteur de
l’agriculture, Contribution de
SOLAGRO, 2003
Ces propositions ont
été élaborées par l’association SOLAGRO dans le cadre de la définition
du
Plan
Climat 2003, à la demande de l’ADEME. |