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english version
Synthèse
Dans le cadre de la Vice –
présidence « Observation des gaz à effet de serre » de la FEDARENE, le
Conseil Régional Nord – Pas de Calais a entrepris une étude
d’identification des différentes méthodes d’observation des gaz à effet
(GES).
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La présentation
de l’étude |
Cette étude, réalisée par la
FEDARENE consistait à :
-
Réaliser une enquête
auprès des membres de la FEDARENE permettant de recenser ceux qui
ont mis en place un dispositif d’évaluation des GES, et de décrire
les principales caractéristiques des méthodologies utilisées. Pour
cela, un questionnaire a été soumis aux organismes enquêtés.
-
Étudier la possibilité
d’identifier une méthodologie commune d’évaluation des GES afin de
déterminer les indicateurs les mieux adaptés et leur suivi dans le
cadre de la mise en place d’un observatoire de GES.
-
Proposer aux organismes
enquêtés de conduire une étude de cas à partir de la méthodologie
retenue et des indicateurs identifiés.
Cette démarche devait
permettre :
-
D’identifier les
processus dont procède la mise en place d’un observatoire des GES
sur un territoire donné, en termes de suivi des émissions de
polluants, de dialogue entre les acteurs et de l’efficacité des
actions mises en œuvre pour réduire les émissions notamment.
-
D’organiser les échanges
entre les membres de la FEDARENE afin d’appréhender les méthodes
utilisées par chacun pour évaluer les GES sur son territoire.
-
D’évaluer la possibilité
de mise en place d’une coordination des observatoires de GES afin de
créer un espace de dialogue et d’échanges sur les meilleures
pratiques qui pourraient concourir à juguler les émissions de GES.
De nombreuses questions peuvent être discutées dans cet espace : la
pertinence des indicateurs de GES les mieux adaptés pour évaluer
l’efficacité d’une action, la conduite des exercices de prospective
de GES et les recommandations adéquates pour limiter leur
progression, la promotion des actions auprès du public notamment.
-
De travailler de manière
transversale avec d’autres groupes de travail mis en place au sein
de la FEDARENE afin de co-construire un plan d’action qui pourrait
permettre à chaque membre de participer activement à la lutte contre
le changement climatique.
Le point de départ de
l’étude a été le recensement des initiatives dans les régions
européennes. Celui-ci ne se voulait pas exhaustif puisqu’il concernait
en priorité les membres de la FEDARENE auprès desquels il semblait plus
facile d’obtenir non seulement des informations mais également des
documents. Les membres ont souvent servi d’intermédiaire, soit tout
simplement en fournissant des informations ou des contacts dans un autre
organisme, soit en facilitant l’obtention de documents qui n’auraient
pas pu l’être sans leur intervention.
Les régions pour lesquelles
des informations ont pu être obtenues sont au nombre de 105 et sont
issues de l’Europe des 15. Cela s’explique par le fait que la grande
majorité des membres de la FEDARENE en sont originaires et que pour les
pays entrants, le rendu d'un inventaire national est assez récent, et
par conséquent des initiatives à l'échelle régionale ne sont parfois pas
déjà envisagées.
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De la nécessité
d’observer les GES |
Le changement climatique est
un risque majeur qui pèse sur l’avenir de la planète. Très controversé
pendant des décennies, il est aujourd’hui admis et ses premiers effets
se font d’ores et déjà ressentir.
La mobilisation
internationale a commencé avec l’adoption de la Convention Cadre des
Nations – Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) en 1992 à Rio
de Janeiro. Il est alors apparu nécessaire de diviser par deux les
émissions humaines à l’échelle mondiale et par trois à cinq pour les
pays développés au niveau de 1990. C’est ce constat qui est à l’origine
du Protocole de Kyoto en 1997, qui définit des objectifs chiffrés de
réduction en fonction des pays. Il induit indubitablement une profonde
et radicale modification des modes de vie.
Le changement climatique
n’est pas seulement un enjeu planétaire mais requiert un effort
collectif à tous les niveaux de la société. La première étape est
l’évaluation des émissions afin de déterminer les secteurs sur lesquels
l’attention doit se porter en priorité. C’est ce que réalisent les pays
avec leurs inventaires nationaux. Toutefois il semble évident qu’il faut
agir au plus près des territoires de manière à changer radicalement les
modes de consommation et de production et de limiter ainsi les sources
de pollution. Ainsi de nombreuses initiatives locales et régionales ont
vu le jour, mais elles sont rarement encadrées.
Ces initiatives se
justifient par les disparités entre régions. En effet les émissions de
gaz à effet de serre ne se répartissent pas de la même manière entre
secteurs suivant le type de régions (urbanisées, rurales, densément
peuplées, etc.), ce qui entraîne des mesures de réduction des émissions
diversifiées (accroissement de l'efficacité énergétique, développement
de sources d'énergies renouvelables, promotion de l’agriculture durable,
etc.) puisque adaptées au contexte.
Afin de montrer l’importance
de la prise en compte du changement climatique à un niveau
infranational, la présente étude s’intéresse aux observatoires
d’émissions de gaz à effet de serre qui représentent la structure
opérationnelle au niveau régional. L’une des missions fixées à ces
observatoires est l’évaluation et le suivi des émissions de GES par la
réalisation d’inventaires.
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Le rôle des
observatoires des GES |
Une multitude d’initiatives
d’observation ou de bilan des GES au sein des régions amènent à
s’interroger sur les méthodologies utilisées pour réaliser ces
inventaires au sein des régions européennes. Ce d’autant que les États
membres de l’Union européenne sont tenus de fournir annuellement un
inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre afin d’évaluer les
progrès réellement accomplis et de préparer le rapport annuel.
Un inventaire est une
évaluation de la quantité de substances polluantes émises par des
sources données pour une zone géographique et une période de temps
donnée. On parle d’observatoire lorsque ce dispositif est réalisé avec
une volonté de décrire et d’informer sur l’évolution du phénomène dans
le temps et dans l’espace et de trouver des solutions pour infléchir ou
favoriser ce dernier.
Les missions dévolues à un
observatoire sont de :
-
Déterminer les
responsabilités de chaque secteur émetteur,
-
Évaluer les progrès
réalisés par la mise en œuvre d’une politique locale ou régionale
(transport, aménagement du territoire notamment),
-
Évaluer l’impact sur les
rejets supplémentaires qui pourraient découler de nouveaux projets
industriels, routiers ou autre,
-
Tester des scénarios de
réduction des émissions,
-
Définir des mesures
d’actions.
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Les
méthodologies générales d’inventaire des GES |
Deux méthodologies sont
définies au niveau international pour estimer les émissions nationales
de gaz à effet de serre : la méthodologie du GIEC
et la méthodologie CORINAIR.
Le GIEC produit des rapports
méthodologiques qui décrivent les méthodes et les pratiques en matière
d’inventaire des émissions nationales de gaz à effet de serre, et qui
sont utilisés par les Parties à la CCNUCC pour établir les
communications nationales.
La méthodologie CORINAIR,
reconnue et utilisée par de nombreux pays est issue d’un programme
européen. Celui-ci a été initié par la Commission des Communautés
Européennes puis repris par l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE).
Les deux systèmes suivent
les mêmes principes de base, à savoir : la couverture complète des
émissions anthropiques (CORINAIR considère également les émissions
naturelles), des totaux annuels des émissions nationales par catégorie
de sources, la distinction entre émissions liées à l’énergie et non
liées à l’énergie et la transparence et documentation complète
permettant la vérification détaillée des données d’activité et des
facteurs d’émissions.
Les résultats des émissions
sont présentés sous un format normalisé pour chacun des systèmes
d’inventaire. Pour la méthodologie CORINAIR, la nomenclature SNAP 97
est définie en onze secteurs subdivisés en plusieurs catégories. Et pour
le GIEC, la nomenclature CRF (Common Reporting Format, format de rapport
commun) du GIEC n’en comporte que sept. Le nombre de secteurs plus
important pour SNAP s’explique principalement par le fait que la
première catégorie du CRF
(combustion) soit subdivisée en six secteurs dans le format SNAP.
Bien que ces méthodologies
soient celles employées par les pays pour réaliser leur inventaire, les
États sont néanmoins invités à utiliser leurs propres adaptations
méthodologiques si elles sont conformes aux lignes directrices
internationales mais permettent de les affiner. Cette latitude est
saisie par les organismes en charge de la réalisation du rapport
national d’inventaire.
Il est à noter qu’à
l'échelle régionale, en fonction du but poursuivi, différentes
méthodologies sont utilisées en s'inspirant des méthodologies
internationales mais avec plus ou moins d'adaptations.
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Les principaux
résultats issus de l’enquête sur les observatoires en Europe |
Les principales missions
d’un observatoire de l’énergie et/ou des gaz à effet de serre sont de
collecter, produire et diffuser de l’information, au niveau régional,
sur la production et la consommation d’énergie et les émissions de gaz à
effet de serre, et de mettre en place un suivi des indicateurs au cours
du temps. Grâce à ces évaluations et ce suivi, l’organisme en charge de
cet observatoire dispose des moyens pour définir des mesures de
réduction, des scénarios prospectifs, un plan d’action. La
concrétisation en mesures de réduction ou d’adaptation au changement
climatique dépend évidemment des moyens matériels à disposition de ce
type d’organismes.
Sur les 105 régions
européennes, bien que le terme région comporte de nombreuses
connotations et sous réserve que ne pouvant pas disposer d’informations
sur les inventaires, la région correspondante a été classée comme n’en
réalisant pas, et que parfois le travail lié à la surveillance de la
qualité de l’air de type cadastre des émissions ne correspond pas à un
inventaire, les remarques suivantes peuvent être établies :
-
23 réalisent un bilan
CO2. Ce qui donne un aperçu de la part des émissions énergétiques
dans le total des émissions de GES. C’est ainsi qu’en 2004 en
France, ces dernières représentaient 78%, principalement liées à
l’utilisation d’énergies fossiles, et l’agriculture et le traitement
des déchets 22%. Il convient de remarquer que la part des émissions
énergétiques dans le bilan n’est pas toujours aussi élevée : elle
oscille entre 60 et 80%. Ce qui préfigure les différences recensées
entre régions sur la manière d’aborder l’évaluation des émissions.
Aussi, suivant les régions, les observatoires sont parfois
uniquement des observatoires de l’énergie. Mais certains se sont
transformés au cours du temps pour prendre en compte l’aspect effet
de serre.
-
25 réalisent un bilan
complet de GES.
-
27 ne disposent pas
d’inventaires.
-
21 n’ont pas répondu à
l’enquête.
-
8 réalisent un
inventaire national désagrégé de l’inventaire national.
-
1 inventaire national
considéré comme régional
Il est important de noter
que la structure de ces inventaires est fortement corrélée à des
facteurs de différents types puisqu’il n’existe pas d’obligations
légales qui imposent la réalisation d’un inventaire à au niveau
régional. Au vu des différents documents recueillis, les facteurs qui
déterminent la structure de l’inventaire sont le type d’organisation
territoriale du pays et l’importance de l’échelon régional d’une part et
la transposition du plan climat national à l’échelle régionale d’autre
part.
En effet, le statut du
niveau régional dans le pays influence fortement la faculté de disposer
d’un inventaire des émissions de GES à ce niveau. Ainsi dans les pays où
les régions ont les prérogatives d’un Etat comme l’Autriche et le
Royaume-Uni, deux types d’inventaires sont réalisés par l’organisme
référent : un inventaire national et un inventaire désagrégé au niveau
régional.
Bien que tous les pays aient
élaboré un plan climat national, il ne se traduit pas forcément à
l’échelle régionale. En outre le plan climat, document d’objectifs,
demeure non contraignant. Il constitue certes le cadrage national mais
nécessite à présent une application concrète pour parvenir non à une
harmonisation qui n’est pas forcément le but poursuivi mais à
l’intégration du thème « changement climatique » dans les programmes
régionaux.
Un inventaire procède d’un
recueil de données mais aussi d’informations afin de décider de
l’organisation, de la méthode, des gaz à évaluer, de la manière de
récolter les données, etc. Ce qui explique la nécessité d’une
coopération entre organismes et la création d’organisations dédiées à la
réalisation d’inventaire, et l’implication du maximum d’acteurs et leur
diversité qui permet une prise de conscience susceptible d’améliorer à
l’échelon local les comportements, les modes de consommation et de
production.
Les organismes en charge du
bilan s’inspirent et adaptent une méthodologie définie au niveau
international et national en effectuant des aménagements liés au but
dans lequel est produit l’inventaire, mais aussi à la disponibilité des
données au niveau régional. Ainsi de nombreuses régions assortissent
leurs calculs d’enquête de manière à préciser les résultats, de même
qu’elles utilisent des études commandées pour l’occasion ou déjà
publiées. En général, les études concernent les parties non énergétiques
des inventaires et les enquêtes sont réservées en général aux secteurs
résidentiel et tertiaire, au secteur industriel et épisodiquement pour
inventorier les décharges et leurs installations spécifiques. Le fait
que certains organismes emploient les approches consommateurs et/ou
trafic témoignent en général d’un inventaire avec un niveau de détail
élevé et qui a demandé un gros investissement en temps d’abord, et par
conséquent en argent. On peut donc supposer que ce genre d’inventaire
aura alors une suite en termes d’actions.
Ainsi, les différences
d’approche méthodologique s’expliquent en premier lieu par le but
poursuivi lors de la réalisation d’un inventaire : l’estimation des
émissions n’est qu’une information corrélée au bilan énergétique ou
alors l’inventaire est utilisé comme outil d’aide à la décision.
Dans le cadre de
l’estimation des émissions corrélée au bilan énergétique, cas des bilans
CO2, on peut distinguer deux types :
-
L’estimation des
émissions de CO2 procède d’une volonté de prendre en compte le
problème du changement climatique. C’est alors un inventaire des
émissions de CO2 qui s’appuie sur les données du bilan énergétique
régional.
-
Les bilans énergétiques
desquels les émissions de CO2 sont déduites. Dans ce cas, les
estimations d’émissions ne représentent en fait qu’une information
issue du bilan énergétique. Très souvent les bilans énergétiques
contiennent ces informations. Ce qui toutefois ne témoigne pas d’une
volonté de faire de la réduction des émissions de GES une priorité
régionale.
Dans le cas d’une
utilisation de l’inventaire comme outil d’aide à la décision, ce qui est
recherché est l’élaboration de décisions en matière de politiques et
d’actions en faveur de la réduction des émissions de GES. Il convient de
noter que c’est dans le cas où les acteurs régionaux en sont à
l’origine. Cependant, différentes finalités secondaires telles que la
vulgarisation des informations à destination du public et des élus ou
alors en qualité de support des actions régionales.
Certains inventaires ont
pour priorité la vulgarisation des informations à destination du public
et des élus. Cette finalité conditionne fortement la méthode de
réalisation de l’inventaire. Un niveau de détail élevé n’est pas
nécessaire. Le but étant en effet de réaliser un document accessible qui
constitue une première étape de sensibilisation et d’information. La
précision de la méthodologie n’est pas fondamentale.
D’autres ont pour ambition
de réaliser une estimation plus précise et propre au contexte régional.
Dans ces cas, des apports méthodologiques sont ajoutés de manière à ce
que l’inventaire reflète précisément le contexte régional. Ce qui permet
par la suite, au sein des rapports d’inventaires, d’expliquer les
raisons des différences de résultats avec les inventaires nationaux
régionalisés pour les émissions de certains secteurs. C’est ainsi que
certaines régions ont opté pour une approche consommateur de manière à
montrer le fait qu’en tant qu’exportatrices d’électricité elles
supportent dans leur bilan les émissions de cette électricité que les
habitants de leur région ne consomment pas.
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Les principales
conclusions de l’étude |
Au terme de cette étude, il
apparaît que pour les participants à ce travail :
-
L’observation des gaz à
effet de serre constitue un enjeu majeur pour l’appréciation des
efforts réalisés et le suivi des engagements des États européens
dans le cadre du Protocole de Kyoto et de la limitation des impacts
que pourrait subir l’environnement. De nombreuses régions
européennes se sont engagées dans une démarche régionale ou locale
dans la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre. Le
cadre de cette étude se limitant au niveau régional, l’enquête
conduite n’a donc pas été poussée jusqu’au niveau local où pourtant
existent de nombreuses informations et initiatives. C’est le cas de
l’initiative PRIVILEGES
en France et de Saint-Valentin en Autriche notamment.
-
La mission d’observation
ne doit pas seulement apparaître comme purement algébrique, dont en
termes de traduction de la corrélation quantité de gaz émis et
impacts induits. Elle doit être perçue également comme constitutive
d’un dialogue entre les acteurs (pouvoirs publics, producteurs
d’énergie, consommateurs, etc.) afin de mettre en œuvre les actions
de limitation des GES les mieux adaptés. Bien que l’observatoire
soit d’abord un outil d’évaluation pour comptabiliser les émissions
liées à un territoire ainsi que leur évolution au cours du temps, il
permet surtout l'objectivisation du discours sur le changement
climatique en proposant des données concrètes capables d'interpeller
élus et citoyens, d’enclencher une dynamique régionale pour la prise
de conscience du problème sur le territoire, la mise en place de
politiques publiques au niveau régional, la prise de décisions en
termes d'actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre
et l'évaluation des politiques correspondantes
Ces constats soulèvent de
nombreuses questions qui pourraient faire l’objet de discussions et de
travaux dans le cadre de la FEDARENE. Les enquêtes réalisées et les
échanges qui ont suivi ont mis en exergue les principales exigences des
missions d’un observatoire des GES :
-
L’exigence de
comparabilité : elle permettrait de juger les efforts effectifs
déployés par les uns et les autres pour limiter les émissions de
GES. C’est en ce sens qu’il est important de promouvoir des
méthodologies d’observation et la mise en place d’indicateurs
communs. Ceci est d’autant plus nécessaire qu’au niveau local
l’observation est réalisée dans des territoires hétérogènes en
termes de superficie, de nature des activités économiques que de
compétences législatives et réglementaires.
-
L’exigence de l’additionnalité
qui permettrait de mesurer la contribution des mesures initiées et
mises en œuvre au niveau local par rapport à celles du niveau
européen ou national. En outre, il est important de noter le biais
statistique induit par le fait que pour diverses sources de
pollutions (fixes ou mobiles), l’on ne dispose que de données
agrégées et difficilement imputables à un territoire donné. Dans ce
contexte il est difficile non seulement d’observer, mais encore de
mettre en œuvre une solution efficace concourant à réduire l’impact
induit par ce type de pollution.
-
L’exigence de
l’efficacité des mesures mises en œuvre. Ce qui traduit
l’adéquation entre la chose observée (les émissions d’un GES en
l’occurrence) et la réduction de son impact à échéance donnée. Cette
exigence induit également que soient impliqués tous les acteurs
concourant aux émissions d’un GES afin de co-construire avec eux la
meilleure action de limitation de celles-ci. La mise en œuvre d’un
observatoire des GES peut être ainsi conçue comme un lieu de
concertation concourant à l’élaboration de politiques publiques
environnementales.
-
L’exigence de
contribution du niveau local à l’effort de réduction des GES
pour une meilleure efficacité des actions. L’Union européenne dans
son ensemble s’est engagée à une réduction de 8% de ses émissions
dans le cadre du Protocole de Kyoto. Au sein de cette « bulle »
européenne, des objectifs de réduction différenciés ont été
déterminés par les États membres lors d’un Conseil Européen au
Luxembourg (1998), un partage des charges de réduction des émissions
de GES entre pays européens a été ainsi établi. Il est primordial
que le changement climatique ne soit pas qu’une affaire nationale et
que les acteurs régionaux et locaux prennent conscience de la
nécessité d’agir à leur niveau. Le dernier rapport publié par
l’Agence Européenne de l’Environnement, le 22 juin 2006, montre une
augmentation des émissions de gaz à effet de 0,4 % entre 2003 et
2004 dans l’UE des 15, et de 0,3 % pour l'Union à 25. En 2004 la
baisse effective des émissions n’a été que de 0,9%. Ce qui est bien
loin de l’engagement de l’UE. Certains pays comme l’Allemagne, le
Royaume-Uni et la France semblent en bonne voie, pour d’autres
l’atteinte des objectifs semblent plutôt compromise (Autriche,
Danemark, Finlande, Italie, Luxembourg, Portugal et l’Espagne
notamment). Ce constat alarmant prouve d’autant plus la nécessité de
mobiliser les acteurs à tous les niveaux afin d’inverser durablement
la tendance globale du réchauffement climatique.
Synthesis
Within the framework of
FEDARENE’s “Greenhouse gases Observatory” Vice-presidency, the Nord-Pas
de Calais Regional Council undertook a study which aims at identifying
the different greenhouse gases observation methods.
The purpose of this study,
carried out by FEDARENE, is:
-
To carry out a survey
targeting FEDARENE’s members in order to identify those members that
have a greenhouse gases (GHG) evaluation device and to describe the
methodologies applied and their principal characteristics. To do so,
a questionnaire was submitted to the concerned bodies.
-
To study the possibility
of identifying a common GHG evaluation methodology in order to
determine and follow-up the best adapted indicators within the
framework of GHG observatory implementation.
-
To propose to the
surveyed bodies to lead a case study, using as a basis the
methodology and the indicators identified previously.
This approach should allow:
-
To identify the
processes preceding the implementation of a GHG observatory on a
given territory, in terms of follow up of pollutants emissions,
dialogue between actors and, particularly, the efficiency of the
implemented measures to reduce these emissions.
-
To organise an exchange
between FEDARENE members in order to understand the methods used by
each one to evaluate the GHG on their territory.
-
To estimate the
possibilities to implement a coordination between GHG observatories
in order to create a forum for dialogue and exchange on best
practices that could contribute to control GHG emissions. Many
questions could be discussed, such as the relevance of GHG
indicators best adapted to evaluate the efficiency of an action, the
leading of prospective exercises on GHG and the adequate
recommendations to limit their progression, particularly to promote
actions to the public.
-
To work transversely
with other working groups established within FEDARENE in order to
co-build an action plan that could allow every member to participate
actively in the fight against climate change.
The starting point of the
study was the census of initiatives in European regions, without being
exhaustive, because foremost FEDARENE’s members were concerned. Indeed,
the latter provided not only information but also the necessary
documents. The members often served as intermediary, either by supplying
information or contacts in another organisation, or by helping to obtain
documents.
The information obtained
covers 105 European regions, all located in the EU15. This is explained
by the fact that the great majority of FEDARENE’s members come from EU15
and because the national inventory from New Member States are rather
recent, and consequently initiatives at the regional level are not
already considered.
|
The
necessity of observing greenhouse gases |
Climate change is a major
risk for the future of the planet. Very controversial during decades, it
is now accepted and its first consequences can already be felt.
The international
mobilization began with the adoption, in 1992, of the United Nations
Framework Convention on Climate Change (UNFCCC) in Rio de Janeiro. At
that time, it seemed necessary to divide by two human emissions at world
level and by three to five those from developed countries at the level
of 1990. This report originates from Kyoto Protocol of 1997, which
defines quantitative reduction objectives according to countries.
Undoubtedly, it leads to profound and radical changes on the ways of
life.
Climate change is a
planetary stake that requires a collective effort, from all levels of
the society. The first stage is to evaluate emissions in order to
determine the sectors to be prioritized. This is the aim of the national
evaluations. However, it is necessary to work closely with the
territories in order to radically change the modes of consumption and
production and thus to limit the sources of pollution. Even if many
local and regional initiatives have been created, they are rarely
structured.
These initiatives are
justified by the disparities between regions. Indeed, GHG emissions
distribution by sectors is different according to the kind of areas
(urbanised, rural, well populated, etc). This implies diversified
emission reduction measures (to increase energy efficiency, to develop
renewable energy sources, to promote durable agriculture, etc), adapted
to the particular context of each region.
In order to underline the
importance of taking into account climate change at the infra-national
level, the present study concentrates on the GHG observatories
representing the operational structure at regional level. One of the
tasks of these observatories is the evaluation and follow-up of GHG
emissions by the implementation of inventories.
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The
greenhouse gases observatories role |
Member States of the
European Union are held to provide an annual inventory of their GHG
emissions in order to evaluate the progress accomplished and to draft
their annual report. This reason, as well as the large number of GHG
observation or balance initiatives, led to a questioning on the
methodologies used to carry out the inventories within the European
regions.
An inventory is an
evaluation of the quantity of polluting substances emitted by given
sources on a specific geographical area and during a given period of
time. We define an observatory as a device implemented with the will to
describe and to inform on the phenomena’s evolution in time and space
and to find solutions to inflect or support the latter.
The tasks assigned to an
observatory are:
-
To determine
responsibilities for each emitting sector;
-
To evaluate the progress
made by the implementation of a local or regional policy
(particularly on transport or spatial planning);
-
To evaluate the impact
on the additional rejections that could arise from new industrial
projects, roads or others;
-
To test emission
reduction scenarios;
-
To define action
measures.
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General
greenhouse gases inventory methodologies |
Two methodologies are
defined at the international level to evaluate the national greenhouse
gases emissions: the methodology of the IPCC and the methodology of
CORINAIR.
The IPCC carries out
methodological reports outlining methods and practises regarding
national GHG emissions inventories. UNFCCC parties use these reports to
establish national communications.
The CORINAIR’s methodology,
acknowledged and applied by many countries, is the result of a European
program. The latter was initiated by the European Commission and then
undertook by the European Environmental Agency (EEA).
The two systems follow the
same guiding principle, namely: the complete cover of anthropogenic
emissions (CORINAIR also considers natural emissions), the total annual
national emissions by the category of sources, the distinction between
emissions related to energy and non-energy, and the transparency and
complete documentation allowing a detailed checking of activity data and
emission factors.
Emission results are
presented under a standardized format for each inventory system.
Regarding the CORONAIR methodology, SNAP 97 nomenclature defines eleven
sectors, subdivided in several categories. In contrast, CRF nomenclature
– from IPCC methodology – defines seven sectors only. The more
significant number of sectors for SNAP nomenclature could be explained
by the fact that the first category of CRF (combustion) is subdivided
into six sectors in SNAP format.
Although countries that
carry out their inventory employ these methodologies, States are
nevertheless invited to use their own methodological adaptations, if
they are in conformity with the international guidelines and improve
them. Bodies responsible to carry out the national inventory report
seize this latitude.
It should be noted that on a
regional scale, and depending on the pursued goals, different
methodologies are used, often based on the international methodologies
but with some adaptations.
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European
observatories survey main results |
The principal tasks of
energy and/or GHG observatories are, not only to gather produce and
diffuse information at the regional level, on the production and
consumption of energy and on GHG emissions, but also to implement, for a
long period of time, a monitoring of the indicators. This may allow the
definition of reduction measures, prospective scenarios and an action
plan. Obviously, the concrete expression of these measures or
adaptations depends on the resources at the disposal of these organisms.
From the 104 European
regions, considering that the term region has many connotations and, on
the condition that the region do not dispose information on inventories,
the corresponding region was not classified in the inventory
realisation, and sometimes work related to monitoring air quality
outside the specified inventory is qualified as not performing any, the
following remarks can be established:
-
21 regions assess CO2.
This gives an outline of energy emissions amid GHG total emission.
In France, in 2004, these energy emissions accounted for 78%, mainly
related to the use of fossil energies, in comparison with
agriculture or waste processing that accounted for 22%. Though, it
should be noted that energy emission is usually lower than this,
oscillating between 60% and 80%. This foreshadows the differences
listed between regions on the evaluation of emissions. Indeed,
according to the regions, observatories are sometimes only energy
observatories, but some have changed during the last years and now
also take into account the greenhouse effect.
-
26 regions completely
assess GHG.
-
21 regions do not have
inventories.
-
21 did not answer to the
survey.
-
8 carry out a regional
inventory disaggregated from the national inventory.
-
1 national inventory
considered as regional.
It is important to note
that the structure of these inventories is strongly correlated to
different factors, since there is no legal obligation to carry out
an inventory at the regional level. From the analysis of collected
documents it appears that the inventory structure is determined by
the following factors: the kind of territorial organisation of the
country; the importance of the regional level on the one hand and
the transposition of the national climate plan on the regional level
on the other hand.
Indeed, the status of the
regional level in a country strongly influences the opportunity to have
an inventory of GHG emission at this level. Thus, in countries where
regions have the prerogatives of a State such as in Austria or the
United Kingdom, two kinds of inventories are carried out by the
referential bodies: a national inventory and a disaggregated inventory
at the regional level.
Although all countries
worked out a national climate plan, it is not systematically translated
at the regional level. Furthermore, the climate plan remains a
non-binding document, only stating objectives. Certainly, it constitutes
a national framing but it also requires a concrete application in order
to attain, not a harmonization, but an integration of the theme “climate
change” into regional programs.
To carry out an inventory it
is necessary to collect data but moreover information in order to decide
the organisation, the methods, the gases to be evaluated, the data
collection procedures etc. Therefore, cooperation between bodies, the
creation of organisations dedicated to carry out inventories and the
implication of a large number of actors and their diversity may lead to
an awakening that could contribute to improve behaviours, modes of
consumption and production at the regional levels.
The bodies in charge of the
assessment usually use methods defined at the international or national
level, adapting it to the goals and aims of the inventory but also to
the data available at the regional level. Hence, many regions match
their survey calculations as a way to precise their results, just as
they use studies ordered for the occasion or already published. In
general, these studies refer to the non-energetic parts of the inventory
and the surveys are related to the residential and tertiary sectors, to
the industrial sector and episodically to survey the landfill sites and
their installations. The fact that some bodies use the consumers and/or
traffic approach attest in general a detailed inventory, that required a
major investment in time and, therefore, in money. We can assume that
this kind of inventory will lead to concrete actions.
Thus, the methodological
difference could be explained by the aim pursued when the inventory was
carried out: emission estimation as information correlated with the
energy balance or the inventory, is used as a tool for decision-making.
Within the framework of
emission estimation as information correlated with the energy balance,
such as the CO2 assessments, we can differentiate two kinds:
-
CO2 emission assessments
with the aim to take into account the climate change problem. In
this case, the CO2 emissions inventory is based on data from the
regional energy balance.
-
The energy balance from
which CO2 emissions are deduced. In this case the estimated
emissions are secondary information resulting from the energy
balance. Indeed, energy balance often includes this information.
However, it does not attest a will of the region to prioritize the
GHG emissions reduction.
In the case of the use of
the inventory as a tool for decision-making, the aim is to elaborate
decisions on policies and actions in favour of GHG emission reductions.
It should be noted that this is true when starting from the regional
actors. Though, we can outline other secondary aims such as the
popularization of information for the public or for elected official or
to support regional actions.
Some inventories prioritize
the popularization of information for the public or elected officials.
This finality influences the method used to carry out the inventory. A
high level of details is not necessary. Indeed, the aim is to carry out
an accessible document that could be the first step on awareness raising
and information. Hence, precision is not essential.
Others have as an ambition
to carry out a precise estimation, appropriate to their regional
context. In these cases, methodological contributions are added so that
the inventory reflects their regional context precisely. This allows
thereafter, within inventories reports, to explain the reasons of the
differences in results with the national inventories regionalized for
certain sectors emissions. Thus some regions chose a consumer approach
to point out the fact that, as exporters of electricity, they bear in
their assessment emissions that the inhabitants of their region do not
consume.
At the end of this study, it
appears that for the participants to this study:
-
GHG observations are a
major stake to evaluate the efforts and to follow-up the commitments
of the European States within the framework of the Kyoto Protocol
and the limitation of impacts on the environment. A large number of
European Regions have undertaken measures at the regional or local
levels to take into account GHG emissions. The framework of this
study being limited to the regional level, the survey does not
include the local level, even though many initiatives and
information do exist. We can outline, for example, the PRIVILEGES
initiative in France and the village of Saint Valentine in Austria.
-
The observation task
should not be considered as merely algebraic, in terms of
correlation between gas emission quantities and induced impacts. It
should also be perceived as an opportunity to dialogue between
actors (authorities, energy producers, consumers, etc.) in order to
carry out the best adapted actions to reduce GHG. Although the
observatory is primarily an evaluation tool, which aim is to
quantify the emissions of a given territory and their evolution
during a given period of time, it could also allow for an objective
climate change discourse by proposing concrete data able to
challenge elected officials and citizens, to lead to regional
dynamics for awareness on territorial problems, to set up regional
policies, decision-making in terms of GHG emissions reduction and
the evaluation of related policies.
These statements raise a
large number of questions that could be subject of discussion or further
studies within the framework of FEDARENE. The surveys carried out and
the exchanges that followed have put forward the principal requirements
and tasks of a GHG observatory:
-
The demand for
comparability: it would make possible to deem the real efforts made
by all and sundry to limit GHG emissions. Thus, it is important to
promote methodologies of observation and common indicators. This is
mostly necessary at the local level, since observations are carried
out in heterogeneous territories – in terms of area, economic
activities and legislative and regulatory competencies.
-
The demand for
additionality: it would make possible to evaluate the measures
initiated or implemented at the local level compared to those at the
European or national level. Moreover, it is important to underline
the statistical skew induced by the fact that for various sources of
pollution (fixed or mobile) only global data is available and
therefore it could not be ascribable to a given territory. In this
context, it is difficult not only to observe but also to implement
an effective solution to reduce the impact of this kind of
pollution.
-
The demand for
efficiency of implemented measures: means the adequacy between the
observed matter (GHG emissions) and the reduction of its impact in a
given period of time. This demand also implies the involvement of
all actors contributing to GHG emissions in order to co-build
altogether the best limitation action. Thus, the implementation of a
GHG observatory could be perceived as a consultation space
contributing to the development of environmental policies.
-
The demand for the local
level contribution for the effort of GHG emission reduction for a
better efficiency in actions. The European Union as a whole is
committed to an emissions reduction of 8%, within the framework of
the Kyoto Protocol. Within this European “bubble”, differentiated
objectives of reduction were determined by Member States during a
European Council in Luxembourg (1998). It is of primary importance
to be aware that climate change is not only a national affair and
that actions should also be implemented at the local and regional
levels. The last report published by the European Environment Agency
on June 22nd, 2006, shows that between 2003 and 2004 GHG emission in
EU15 increased by 0,4% and by 0,3% for EU 25. In 2004, it decreased
by 0,9%. Indeed, this is far from the commitment of the EU.
Countries as Germany, the United Kingdom and France seem on the
right track. For other countries, meeting the objectives seem to be
compromised (Austria, Denmark, Finland, Italy, Luxemburg, Portugal
and Spain notably). This alarming report establishes the necessity
to mobilize actors, at all levels, to permanently invert the global
tendency to climate reheating.
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